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Lettres Choisies de Mme de Sévigné a sa fille et a ses amis : précédées de l'éloge de Mme de Sévigné par Mme A. Tastu couronné par l'Académie française / et de l'extrait du rapport de M. Villemain
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DK MADAME DE SÉV1GNÉ.

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de votre petite lettre ; elle ma donné une sensible consolation :jai vu la santé du petit très-confirmée, et la vôtre, ma chèreenfant, dont vous me dites des merveilles : vous massurez queje serais bien contente si je vous voyais, vous avez raison de lecroire. Quel spectacle charmant de vous voir appliquée à votresanté, à vous reposer, à vous restaurer ! cest un plaisir que vousne mavez jamais donné. Vous voyez que ce nest pas inutile-ment que vous prenez ce soin, le succès en est visible ; et quandje me tourmente ici de vous inspirer la même attention, voussentez bien que jai raison.

204. A madame de Grignan.

A Paris, mercredi 29 novembre 1679.

Vous nous parlerez longtemps du malheur de M. de Pomponneavant que nous vous trouvions à la vieille mode ; cette disgrâceest encore bien vive dans nos têtes ; il est extrêmement regretté.Un ministre de cette humeur , avec une facilité desprit et unebonté comme la sienne, est une chose si rare, quil faut souffrirquon sente un peu une telle perte. Vous croyez bien que je vaissouvent chez lui : je fus touchée lautre jour de le voir entreravec celte mine aimable, sans tristesse, sans abattement. Mada-me de Coulanges mavait priée de ly mener ; il la loua de sêtresouvenue dun malheureux ; il ne sarrêta point longtemps surce chapitre ; il passa à ce qui pouvait former une conversation ;il la rendit agréable comme autrefois, sans affectation pourtantdêtre gai, et dune manière si noble, si naturelle, et si précisé-ment mêlée et composée de tout ce quil fallait pour attirer notreadmiration, quil neut pasde peine à y réussir. Enfin, nous lal-lons revoir ce M. de Pomponne si parfait, comme nous lavonsvu autrefois. Ce premier jour nous toucha ; il était désoccupé,et commençait à sentir la vie et la véritable longueur des jours ;carde la manière dont les siens étaient pleins, cétait un torrentprécipité que sa vie ; il ne la sentait pas ; elle courait rapidement,sans quil pût la retenir. Nous le disions encore à Pomponne ladernière fois quil est sorti secrétaire dÉtat ; vous savez que cesoir- même il fut disgracié et déplacé. Je causai fort hier avecmadame de Vins; elle sentira bien plus longtemps cette douleurque M. de Pomponne ; je leur rends des soins si naturellement,que je me retiens, de peur que le vrai nait lair dune atfecta-tion et dune fausse générosité ; ils sont contents de moi. EnfinM. de Pomponne ne sera plus que le plus honnête homme dumonde ; vous souvenez-vous de Voiture, qui dit en parlant deM. le Prince :

Il navait pas un si haut ranp ;

11 n'était que prince du sanjj ?