I)E MADAME UE SÉVIUNÉ.
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seule; mais lavage est d’être là in ogni modo. Voilà done uneamie de M. le coadjuteur encore placée : c’est un moulin à pa-roles, comme vous savez; elle parle Buri, c’est une langue ;mais au moins elle ne s’en est pas servie pour être à cetteplace. Celle de la marécliale de Clérembault est fort extraordi-naire; elle est protégée par Madame, qui voudrait bien en faireune dame de la reine. Elle va à la Cour, comme si de riçn n’é-tait ; il ne semble pas qu’ellese souvienne d’avoir été et de n’êtrcplus gouvernante 1 ,
El trouve le chagrin que Monsieur lui prescrit
Trop dipne de mépris pour y prêter l’esprit.
Vous rajusterez ces vers : mais quand ils se trouvent en cou-rant au bout de ma plume, il faut qu’ils passent. Montgobert meparle d’un bal, où je vois danser fort joliment mon petit mar-quis. Pauline a-t-elle la môme inclination pour la danse que sasœur d’Adhémar? Il ne faudrait plus que cet agrément pour larendre trop aimable : ah ! ma fille, divertissez-vous decetle jolieenfant; ne la mettez point en lieu d’être gâtée; j’ai une extrêmeenvie de la voir.
Je m’en vais vous dire une chose plaisante , dont Corbinelliest témoin : je lui dis lundi matin que j’avais songé toute lanuit d’une madame de ltus ; que je ne comprenais pas d’où merevenait celte idée, et que je voulais vous demander des nou-velles de cette sorcière. Là-dessus je reçois votre lettre, et jus-tement vous m’en parlez, comme si vous m’aviez entendue : cehasard m’a paru plaisant : me voilà donc instruite de ce que jevoulais vous demander. Je n’ai pas oublié le comte de Suze.M. de Saint-Omer, son frère, a été à l’extrémité; iL a reçu tousles sacrements; il no voulait point être saigné avec une grossefièvre, une inllammation ; le médecin anglais le fit saigner parforce ; jugez s’il en avait besoin ; et ensuite avec son remède ill'a ressuscité , et dans trois jours il jouera, à la fossette. Hélas !cetle pauvre lieutenante qui aimait tant M. de Vins, et qui crai-gnait tant qu’on ne le sût pas, la voilà morte, et très-jeune ;mandez-moi de quelle maladie ; je suis toujours surprise de lamort des jeunes personnes. Vous avez raison de vous plaindreque je vous ai mal élevée; si vous aviez appris à prendre letemps comme il vient, cela vous aurait extrêmement amusée.
Mon fils est toujours les délices de Quimper ; je crois pour-tant qu’il est présentement à Nantes, et qu’il sera ici à la findu mois ; vous voyez bien que je l’ai mieux élevé que vous :j’espère que dans quinze jours il n’y paraîtra pas, et qu’il sera
1 Madame dit dans ses lettres que celte dame ne lui fut ôtée que parce quellel’aimait ; que c’était un tour de la marécliale de Grancey, dont la fille cadette étaitaimée du cilevatier de Lorraine, favori lui-méme de Monsieur.