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Lettres Choisies de Mme de Sévigné a sa fille et a ses amis : précédées de l'éloge de Mme de Sévigné par Mme A. Tastu couronné par l'Académie française / et de l'extrait du rapport de M. Villemain
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de madame de sévignê.

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dAnci-le-Franc '; jai vu ce beau château, et une reine de Sicilesur une porte, dont M. de Noyon vient directement *. Je voustrouve trop heureux ; au sortir des dignités de M. le duc deChaulnes, vous entrez dans labondance et les richesses de ma-dame de Louvois ; suivez cette étoile si bienfaisante, tant quellevous conduira. Je le demandais lautre jour à madame de Cou-langes : elle ma parlé de Caretle; ah ! quel fou !

Comment pourrons-nous passer de tout ceci, mon cher cou-sin , au maréchal dHumières, le plus aimable, le plus aimé detous les courtisans. Il a dit à M. le curé de Versailles : Monsieur,vous voyez un homme qui sen va mourir dans quatre heures, etqui na jamais pensé, ni à son salut, ni à ses affaires ; il disait bienvrai, et cette vérité est digne de beaucoup de réflexions : maisje quitte ce sérieux, pour vous demander, sur un autre ton sé-rieux, si je ne puis pas assurer ici madame de Louvois de mestrès-humbles services; elle est si honnête, quelle donne tou-jours envie de lui faire exercer cette qualité. Mandez-moi quiest de votre troupe, et me payez avec la monnaie dont vous vousservez présentement. Je suis aise que vous soyez plus près denous, sans que cela me donne plus despérance ; mais cest tou-jours quelque chose. M. de Grignan est revenu à Marseille ; cestsigne que nous laurons bientôt. La flotte qui est vers Barcelonefait mine de prendre bientôt le.parti que la saison lui conseille.Tout ce qui est ici vous aime et vous embrasse chacun au pro-rata de ce qui lui convient, et moi plus que tous. M. de Carcas-sonne est charmé de vos lettres.

501. A M. de Coulanges-

A Grignan , le a6 avril 1695.

Quand vous mécrivez, mon aimable cousin, jen ai une joiesensible ; vos lettres sont agréables comme vous ; on les lit avecun plaisir qui se répand partout; on aime à vous entendre, onvous approuve, on vous admire, chacun selon le degré de cha-leur quil a pour vous. Quand vous ne mécrivez pas, je negronde point, je ne boude point; je dis : Mon cousin est dansquelque palais enchanté; mon cousin nest point à lui ; on aurasans doute enlevé mon pauvre cousin; et jattends avec pa-tience le retour de votre souvenir, sans jamais douter de votreamitié ; car le moyen que vous ne maimiez pas? cest la pre-mière chose que vous avez faite quand vous avez commencédouvrir les yeux; et cest moi aussi qui ai commencé la modede vous aimer et de vous trouver aimable ; une amitié si bien

1 Château de madame de Louvois.

* Trait dirigé contre la vanité de M. de Clermont-Tonnerre , évêque de Noyon.