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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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PAT

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PAT

PÂTRE (lat. pastor), s. m. Celui qui garde, qui faitpaître les troupeaux de bœufs, de vaches, de chèvres, etc.

PATRES (AD) (ad-pa-très’). Locution latine qui signi-fie vers les pères et qui n’est usitée quedans ces phrases :Aller ad patres, mourir ; envoyer ad patres, faire mourir.

PATRIARCAL, ALE, adj. Qui a rapport aux anciens pa-triarches. Gouvernement patriarcal. 11 Qui rappelle la sim-plicité de leurs mœurs. Vie patriarcale. (| Qui appartient àla dignité de patriarche. 1| Sièges patriarcaux, nom donnéà cinq sièges qui avaient la préséance dans les conciles.

* PATRIARCAL EM ENT, pua. En patriarche.

PATRIARCAT, s. m. Dignité des évêques qui se nom-ment patriarches. || Étendue de pays soumise à un pa-triarche. || Durée de l’autorité d'un patriarche.

PATRIARCHE (^aTpiàr.yr.^.s.m. Nom donné aux pre-miers chefs de famille qui ont vécu soit avant, soit aprèsle déluge, et dont la vie fut fort longue. j| Fig. Avoir l’aird’un patriarche, avoir une figure vénérable. || C’est unpatriarche, se dit d’un vieillard qui vit au milieu d’unefamille nombreuse. || Titre qui se donnait autrefois auxévêques des premiers sièges épiscopaux. | ] On donne en-core ce titre à quelques évêques. Le patriarche de Lis-bonne. Le patriarche d’Aquilée. )| Chef de l’Église grecqueet de quelques autres communions séparées de l’Égliseromaine. || Nom donné aux premiers fondateurs des or-dres religieux, tels que saint Basile, saint Benoît, etc.

PATRICE (lat. patricius ), s. m. Titre d'une dignitéinstituée dans l’empire romain par Constantin, et plustard chez les rois bourguignons et francs. || Patrice desBomains, dignité conférée à Pépin et à Charlemagne.

PATRICIAT (lat. palriciatm), s. m. Ordre des patri-ciens à Rome. || Dignitéde patricien, rang des familles pa-triciennes. || Dignité de patrice.

PATRICIEN, IENNE (patrice), adj. Il se dit de l’or-dre qui, chez les Bomains, tenait le premier rang. || Sedit des nobles ou privilégiés, dans quelque pays que cesoit. || S. m. et f. Celui, celle qui appartenait au premierordre parmi les Romains. || S’est dit d« nobles dequel-ues républiques d’Italie. || Adj. Fig. Distingué, dignee patriciens. Des manières patriciennes.

PATRIE (lat. patria),s. f. Pays où l’on a pris nais-sance. À tous les cœurs bien nés que la patrie est chère !Voi.t. |j Fig. L’univers est la patrie d’un grand homme,Rayn'al. || Province, ville où l’on est né. Marseille est sapatrie. 11 Fig. La nation dont on fait partie, la société po-litique dont on est membre. Que me servirait, commeà tout le peuple, que ma patrie fût puissante et formi-dable, si, triste et inquiet,j’y,vivais dans l’oppression?la Bruy. ||Patrie commune, l’État dans lequel on possèdedes droits politiques. || La mère patrie, voy. mère. || Parextens. Contrée, climat propre à certains animaux. ||Fig.Il se dit des contrées, des villes où fleurissent, où sonten abondance certaines espèces d’hommes ou de choses.Athènes fut la patrie des philosophes. Ce pays est la patriedes sciences et des lettres. || La céleste patrie, le ciel.

PATRIMOINE (lat. patrimonium) , s. m. Bien d’héri-tage qui descend, suivant les lois, des père et mère àleurs enfants.|| Patrimoine paternel, les biens qui vien-nent du côté du père ; patrimoine maternel, les biensqui viennent du côté de la mère. || En général, biens defamille. || Par extens. Use dit des trônes, des charges,des prérogatives qui se transmettent héréditairement.La Castille devient patrimoine d’un fils de France, Mass.|| Fig. Ce qui est considéré comme une propriété patri-moniale. Chaque découverte dans les sciences est le pa-trimoine de toutes les nations. || Le patrimoine de Saint-Pierre, une partie du domaine que le pape possédait enItalie. || Se disait des biens fonds de chaque église.

PATRIMONIAL, ALE (lat. palrimonialis), adj. Quiest de patrimoine. Biens patrimoniaux.

PATRIOTE (narplaTri;), s. m. et f. Celui, celle quiaime sa patrie, qui cherche à la servir. Il est triste quesouvent, pour être bon patriote, on soit l’ennemi du restedes hommes, Volt. || Adj. Un ministre patriote.

PATRIOTIQUE, adj. Qui appartient au patriote. Senti-ments patriotiques. || Don patriotique, don fait à la patrie.

PATRIOTIQUEMENT, adv. En patriote.

PATRIOTISME, s. m. Amour de la patrie. || En mau-vaise part. Patriotisme de clocher. Patriotisme provincial.

PATROCINER (\st. patrocinarï), v.n. T. vieilli. Par-ler longuement et d’une façon importune pour persua-der. Prêchez, patrocinez jusqu’à la Pentecôte, Mol.

* PATROLOGIE (jrxvvfp et >0-/05), s. f. Connaissance par-ticulière des Pères de l’Eglise. || Édition de tous lesPères de l’Église.

PATRON, s. m. Modèle sur lequel travaillent certainsartisans, comme les brodeurs, les tapissiers et autres.|| Morceau de papier découpé de manière à figurer cer-taines parties des vêtements d’homme ou de femme, etsur lequel on taille l’étoffe. 11 Papier ou carton découpéqu’on applique sur une surface quelconque pour peindreles parties que ces découpures laissent a découvert.

11 Peinture faite avec des patrons découpés. || Fig. Modèle.Fais toutes choses selon le patron qui t’a été montré, Pasc.|| Cet homme s'est formé sur un bon, sur un mauvais pa-tron, il s’est formé sur un bon, sur un mauvais modèle.

PATRON, ONNE (lat . patronus), s. m. et f. T. d’an-tiq. Chez les Romains, le maître à l’égard de l’affranchi,le protecteurà l’égarddu client. || Celui, celle qui sert doprotection, d’appui ; qui s’intéresse à notre fortune et quicherche à la pousser. || Saint, sainte dont on porte le nom;à qui une église est dédiée ou qui protège particulière-ment une ville, un pays, etc. |] Fig. Personnage sous quion se met, bien qu’il ne soit pas un saint. Mon patron estHorace. || Fig. Celui qui donne crédit, autorité à quelquechose. Le patron d’un remède. || Famil. Le maître d’unemaison. || Dans l’industrie, le maître de l’établissement.|| Patron d’une chaloupe, quartier-maître ou contre-maî-tre chargé du commandement d’une embarcation.

* PATRON-JAQUET ou PATRON.MINET (DÈS LE), loc.adv. De très-grand matin. j| On a dit : Dès le patron-jaquet et dès le poitron-jaquet. Enfin quelques personnesdisent ; Dès le paître au mmet ou au jaquet, ou bien dèsle paître jacquet, qui est la vraie leçon : c’est-à-dire dèsle momentou le chat, l’écureuil (le jacquet) va au paître.

PATRONAGE, s. m. T. d’antiq. Se dit des relationsétablies à Rome entre les patrons et leurs clients. 11 Pro-tection accordée par un homme puissant à un inférieur,et même à des cites, à des cantons, etc. || Dans le droit ca-non, droit de présenter un ecclésiastique au bénéfice va-cant. || Se dit de diverses institutions ou sociétés de bien-faisance. Œuvre du patronage des enfants de Saint-Vin-cent de Paul. 11 En blas. Armoiries de patronage, cellesqui contiennent quelque marque de dépendance.

PATRONAL, ALE, adj. Qui appartient au patron, ausaint du lieu. Fête patronale. Les saints patronaux.

* PATRONAT, s. m. T. d’antiq. Droit d’un patron surses clients. || Dignité de patron.

«PATRONNÉ, ÉE, p. p. de patronner. Protégé.

PATRONNÉ, ÉE, p. p. de patronner. Les ailes des pa-pillons patronnées sur une infinité de formes, B. de St-P.

* PATRONNER (patron), v. a. Néolog. Protéger ; intro-duire dans le monde, dans la haute société.

PATRONNER, v. n. Appliquer sur une toile ou sur uncarton un papier ou une carte découpée, dont on imprimela figure sur cette toile avec de la couleur. || V. a. Cal-quer sur un patron. Patronner des cartes à jouer.

* PATRONNESSE, adj. f. Dame patronnesse ou subst.atronnesse, dame qui se charge de diriger une fête, unal, etc. au profit des pauvres.

* PATRONNET (patron), s. m. Petit garçon pâtissier.PATRONYMIQUE (iraT^wvu/zixoç), adj. Se dit, chez

les anciens, du nom donné à des descendants d’après ce-lui d’un des aïeux. Atrides est le nom patronymiqued’Agamemnon et de Ménélas, parce qu’ils étaient filsd’Atrée. || Chez les modernes, nom patronymique, nomde famille, par opposition aux noms de terre ou de fief.

PATROUILLAGE (Il mouillées. Patrouiller), s. ni.Famil. Malpropreté qu’on fait en patrouillant.

PATROUILLE (Il mouillées. Voy. patrouiller ), s. f.Marche faite pendant la nuit par une garde, pour la sû-reté d’une ville, d’un camp. || Le détachement même quifdUia patrouille. Doubler les patrouilles.

PATROUILLÉ, ÉE, p. p. de patrouiller, v. a. Desfruits patrouillés.

PATROUILLER (Il mouillées. Voy . patouiller), v. n.Marcher, s’agiter dans de l’eau bourbeuse. |j f. a. Ma-nier malproprement. Patrouiller des fruits.