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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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SAISI, IE p. p. de saisir. j| Tiers saisi, celui entre lesmains duquel on a fait une saisie-arrêt, une opposition.

I Subst. Le saisi, le débiteur sur lequel on a fait unesaisie.

SAISIE, s. f. Acte d’un créancier qui, pour la sûretéd’une dette, met sous la main de justice les meublesou immeubles de son débiteur. || L’acte même parlequel une saisie est juridiquement faite. |j Saisie immo-bilière, anciennement saisie réelle. I| Saisie conserva-toire, espèce de saisie préalable, avant décision judicaire.i | Saisie-arrêt, opposition par laquelle un créancier arrêtedans les mains dun tiers les sommes ou effets apparte-nants à son débiteur. 11 Saisie-brandon, saisie des récol-tes et fruits, pendants par branches et racines. || Saisie-exécution, saisie des meubles. || Saisie-gagerie, saisiedes objets qui peuvent servir de gages pour le prix d’uneferme, d’un loyer, tels que les meubles meublants.|| Saisie-revendication, saisie des effets mobiliers surlesquels on prétend un droit de propriété ou de gageprivilégié. || Mise sous la main de justice des choses quisont l’objet d’une contravention, ou les preuves d’uncrime, d’un délit. Saisie de marchandises de contre-bande. || T. de mar. Capture ou prise d’un navire neutre.

SAISIE-ARRÊT SAISIE-BRANDON, SAISIE-EXÉCU-TION, SAISIE-GAGERIE, SAISIE-REVENDICATION, s.f. Voy. saisie.

SAISINE (voy. saisir), s. f. En jurispr. Il se dit de laprise de possession ou de l’investiture qui appartient deplein droit à un héritier, et en général de la possession oùl’on est d’un bien. j| Prise de possession, sans investituredu droit de propriété, par les exécuteurs testamentaires.

SAISIR (b. lat. ad proprium sacire, s’emparer, del’anc. h. ail. sasjan, poser), v. a. Prendre avec vigueur,avec effort et tout d’un coup. Saisir quelqu’un par lebras. || Prendre un objet pour le tenir, pour s’en servirou pour le porter. || Fig. Saisir le moment, l’occasionfavorable, en profiter. || On dit de même : Saisir unavantage. || Saisir un prétexte, s’en servir, s’en autori-ser. || S’emparer de, occuper en force. Nous saisissonsla porte, et les gardes se rendent, Corn. || Unir, agglu-tiner. De gros sables qui furent saisis et agglutinés parla pâte d’argile, Buff. || T. de mar. Lier étroitementdeux objets par des cordages ou de toute autre façon.|| Fig. Embrasser par le regard. || Fig. Comprendre,discerner. Saisir le sens d’un auteur. Il y a un âge pourbien saisir l’usage du monde, J. J. Rouss. |j II se dit d’uneattaque vive de maladie, d’une impression sur les sens.La fievre me saisit. Un parfum saisit agréablement notreodorat quand nous y pensons le moins, Fé». J | Il se dit del’impression soudaine du froid. Legrand air m’a saisi.|| Fig. Mettre sous l’impression vive et soudaine dequelque sentiment, de quelque passion. Les cœurs sontsaisis d’une joie soudaine par la grâce inespérée d’unbeau jour d’hiver, Boss. L’épouvante saisit les cœurs,Fén. || Absol. Voilà ce qui surprend, frappe, saisit, at-tache, Boil. |j Être saisi, être frappé subitement de dou-leur ou de plaisir ou d’étonnement. Je suis encore toutsaisi de cette nouvelle. || Faire une saisie, retenir parvoie de saisie. L’huissier a saisi son mobilier. || Mettreen possession de. Vous régnez en ma place, et les dieuxl’ont souffert; Je dis plus, ils vous ont saisi de ma cou-ronne, Corn. [| En jurispr. Le mort saisit le vif, l’héri-tier est immédiatement investi des biens du défunt.

|| Saisir un tribuual d’une affaire, la porter devant lui.

Se saisir, v . r . S’empoigner l’un 1 autre. |j S’emparer,se rendre maître d’une personne ou d'une chose. Ilse saisit des portes, Corn. || Fig. Et vous vous saisis-sez d’un prétexte frivole Four vous autoriser à manquerde parole, Mol. || Fig. Il se dit avec un nom de chosepour sujet. Qui ne voit que Fesprit de séduction s’estsaisi de leur cœur? Boss. || Évequer devant soi une af-faire. Le parlement se saisit de la contestation. |) S’émou-voir , etre saisi. Le beau vous touche, et ne seriez d’hu-meur A vous saisir pour une baliverne, Bac.

SAISIR-ARRÊTER, SAISI R-BRA N DONNER, SAISIR.REVENDIQUER, v . a. Exercer la saisie-arrêt, la saisie-brandon, la saisie-revendication, voy. saisie.

SAtSISSABLE, adj. En procéd. Qui peut être saisi.Cette rente n’est pas saisissable.

SAISISSANT, ANTE, adj. Qui saisit, qui surprendtout d’un coup. Un froid saisissant. || Fig. Orateur sai-sissant. Scène saisissante. || En procéd. Qui saisit, ouau nom duquel se fait une saisie. || Subst. Le saisis-sant. La saisissante.

SAISISSEMENT, s. m. Action de saisir, de prendre.|l Impression subite et violente causée par le froid.|) Fig.Émotion vive et soudaine, agréable ou douloureuse.Mourir de saisissement. Le doux saisissement de la joie.

SAISON (lat. satio), s. f. Nom des quatre grandesdivisions de l’année, printemps, été, automne et hiver,comprenant chacune trois mois, et, astronomiquement,le temps employé par le soleil pour passer d’un solsticeà un équinoxe ou d’un équinoxe à un solstice. || La sai-son nouvelle, le printemps. || La belle saison, la partie del'année où le temps est beau. || L’arrière-saison, l’au-tomne, le commencement de l’hiver. || La mauvaisesaison, la fin de l’automne, l’hiver. ||La saison chaude,la saison froide, se dit des deux moitiés de l’année. || Mar-chande des quatre saisons, marchande ambulante qui,dans chaque saison, vend les fruits ou les objets de con-sommation que cette saison produit ou dont elle fait naî-tre le besoin. j| Chez les Grecs, les trois Saisons (d’aprèsune ancienne division de l’année), déesses qui prési-daient à l’année. || Temps où dominent certains étatsde l’atmosphère. La saison des pluies. || La morte sai-son, la saison où la terre ne produit rien. || Fig. Saisonmorte, morte saison, temps de l’année où une industriechôme. 11 Epoque de l’année où se fait une culture, oùla terre donne telle ou telle production. La saison desfleurs, des semailles, des foins, des vendanges. || La du-rée variable pendant laquelle il convient de prendrecertaines eaux thermales. Une saison de Vichy. || Tempsfavorable pour faire quelque chose. Faire ses provi-sions dans la saison. En temps et saison. j| En général,moment, circonstance. Net’épouvante point, tout vient ensa saison, Corn. Ce n’est pas la saison De m’expliquer,vous dis-je, Mol. || De saison, en opportunité convena-ble. La prudence est toujours de saison, Mol. j| Il estsaison de, il est temps de. || Il n’est saison que de, avecun infinitif, la saison ne permet que de. Seigneur, il n’estsaison que de verser des larmes, Corn. || Hors de saison,inopportun, qui ne convient pas. Des conseils hors de sai-son. || Ages de la vie. Vous entrez maintenant dans labelle saison de l’homme, Mol. j| La première saison dela vie, la jeunesse. [| La dernière saison de la vie, lavieillesse. || Vie. Pourquoi... passez-vous en cette amer-tume le meilleur de votre saison? Mass. || Epoque. Lapleine découverte de ces vérités était d’une autre saisonet d’un autre siècle, Boss.

SALADE (saler), s. f. Mets composé de certaines her-bes ou de certains légumes assaisonnés avec du sel, dupoivre, du vinaigre et de l’huile. Une salade de laitue.|| La partie de toute herbe propre à être mise en sa-lade, avant qu’elle soit assaisonnée. || Abusivement, laplante même qui fournit la salade. || Par extens. Metscomposé de fruits, de légumes, de viandes froides, ou depoisson salé, etc. et assaisonné comme de la salade.. || Sa-lade d’oranges, oranges coupées par tranches et assai-sonnées avec du sucre, de l’eau et de l’eau-de-vie.

SALADE (esp. celada, du lat. ccelala, s. e. cassis),s. f. Casque que portaient les gens de guerre à cheval ;il n’est d’usage qu’en parlant des xv% xvi* et xvn' siè-cles. || S’est dit d’un soldat coiffé d’une salade.

SALADIER, s. m. Vase où l’on sert la salade. I| Ceque contient un saladier, || Panier à jour pour secouerle salade qu’on a lavée.

SALAGE (saler), s. m. Action de saler ; résultat decette action.

SALAIRE (lat. salarium), s. m. Payement pour tra-vail ou pour service. || Fig. Récompense. || Par anti-phrase, châtiment.

SALAISON (saler), s. f. Action de saler les viandesou autres provisions pour les conserver. La salaison duporc, du beurre. j| Viande salée, poisson salé pour l’ali-mentation. Vivre de salaisons.

SALAM ALEC (sa-la-ma-lèk. Arabe sala m, salut, aleik,sur toi), s. ni. Famil. Au sens propre, salut. || Révérenceprofonde, politesse exagérée. Faire de grands salamalecs.