554 BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE
— Merci, j’en ai assez, répondit Li-Fou, la taïga neme reverra pas.
— Ce sera comme tu voudras.... Au revoir....
Mais, après avoir fait une vingtaine de pas, Lonkhouse retourna et cria :
— Faut-il tout de même venir te chercher le prin-temps prochain ?
Li-Fou secoua négativement la tête et disparut der-rière un bois de chêne.
Les vieux parents du Chinois furent d’autant plusheureux de le revoir qu’ils avaient cru leur fils perdu etavaient fait dire à son intention les prières des morts.
— Attention, ama, attention, c’est fragile! criait Li-Fou en se dégageant des bras de sa mère et en préser-vant de la main le précieux paquet d’écorce de bouleauqui renfermait le genn-chenn.
— Qu’apportes-tu de précieux ? lui demanda son père.
— Une plante de genn-chenn.... C’est pour la cueillirque je suis allé dans la taïga.... Maintenant je peux ob-tenir la main de Yaï. Va, ama, va la chercher....
Le vieux Kouan-Kéba examina minutieusement laprécieuse racine et l’évalua à 120 taëls, à peu près800 francs. C'était une fortune comme il n’en avait ja-mais rêvé.
Peu après Fou-tchan, l’oncle de Yaï, survint et de-manda à voir de ses yeux le trésor. Li-Fou sortit pru-demment de son étui la précieuse racine et la montrafièrement.
— Ne la donne pas pour moins de cent taëls, s’écriale vieux Yaï. Tu as eu de la chance.
Puis il se dirigea vers la porte, et quand il fut sur leseuil, il se tourna vers Kouan-Kéba :