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Port-Royal / C.A. Sainte-Beuve
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PORT-ROYAL.

Ducis pourtant, en sa place, n’aurait point manqué cettefin-là. t

Nous ne suivrons pas Rotrou au delà du Saint Genest ,qui, par Polyeucte, tenait à notre comparaison; le resteserait d’une distraction trop grande. D’autres pièces delui mériteraient d’être tirées de l’oubli littéraire où ellessommeillent; du moins elles auraient mérité de n’y pastomber. Une année après Saint Genest , en 1647, il donnala tragi-comédie de DonBernard de Cabrère, imitée sansdoute du théâtre espagnol 1 , et dans laquelle il peintle don du contre-temps, de la mauvaise fortune oudu guignon comme on dirait, avec fantaisie et verve, enhomme très-plein de son sujet, c’est-à-dire assez peufavorisé des étoiles. C’est un pendant tout piquant ettout romantique au ressort tragique du fatum des An-ciens. M. Guillaume de Schlegel a dû aimer beaucoupcette pièce, s’il l’a connue.

Une autre pièce de Rotrou, la plus célèbre, je n’osedire la plus lue, celle qui, selon le met, est restée authéâtre, c’est-à-dire qu’on n’y va voir jamais, Venceslas,offre de franches et dramatiques beautés. Elle fut re-touchée au dix-huitième siècle par Marmontel, qui enôta quelques mauvais vers, quelques expressions tropvieilles, et en substitua de plus pâles : un peu de pavotsur ce qui était trop cru. Le Kain, à la première repré-sentation de cette reprise du Venceslas corrigé, Le Kain(presque comme saint Genest), emporté par l’enthou-siasme aussi, par la religion du bel art, reprit subite-ment le vieux texte et fit manquer la réplique : Mar-montel ne le lui pardonna jamais.

Rotrou passe pour n’avoir pas été heureux. Il prati-quait, à ce qu’il paraît, dans sa vie, le train assez aveugleetjiasardé de ses pièces; on raconte qu’il allait être mis

1. Elle est empruntée à Lope de Véga.