XIX
SUPPLÉMENT A LA VIE DE P. CORNEILLE,l’approbation et les louanges que le public a données auxpremières moins par lumière que par sentiment. (Vi-
GNEUL DE MARVILIÆ *. )
Simple, timide, d’une ennuyeuse conversation, il (Cor-neille) prend un mot pour un autres, et il ne juge de labonté de sa pièce que par l’argent qui lui en revient ; ilne sait pas la réciter, ni lire son écriture. Laissez-les’élever par la composition , il n’est pas au-dessous d’Au-guste, de Pompée, de Nicomède, d’Héraclius; il est roiet un grand roi; il est politique, il est philosophe : il en-treprend de faire parler des héros, de les faire agir; ilpeint les Romains : ils sont plus grands et plus Romainsdans ses vers que dans leur histoire. (La Bruyère,ch. xii, des Jugements.)
Corneille étant venu un jour à la comédie, où il n’avoitpoint paru depuis deux ans, les acteurs s’interrompirenid’eux-mêmes; le grand Condé, le prince de Conti, etgénéralement tous ceux qui étoient sur le théâtre, se le-vèrent; les loges suivirent leur exemple; le parterre sesignala par des battements de mains et des acclamationsqui recommencèrent à tous les entr’actes. Des marquesd’une distinction si flatteuse dévoient être bien embar-rassantes pour un homme dont la modestie alloit de pairavec le mérite. Si Corneille eût pu prévoir cette espècede triomphe, personne ne doute qu’il ne se fût abstenude paraître au spectacle. ( Tableau historique de l’Espritdes Littérateurs , t. n, p. 64, 1785, in-8°, 4 vol.)
•le suis au désespoir que vous ayez ou Vajasel pard’autres que par moi.... Je vouiois vous envoyer la
1 C’est sous ce nom que le chartreux dom Bonaventure d’Argonnes’est fait connoître dans la république des lettres.