Buch 
Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
Entstehung
JPEG-Download
 

XX

SUPPLÉMENT

Cliampraèlé pour vous réchauffer la pièce. Le personnagede Bajazet est glacé ; les mœurs des Turcs y sont malobservées; le dénouement nest point bien préparé; onnentre point dans les raisons de cette grande tuerie ;il y a pourtant des choses agréables, mais rien de par-faitement beau, rien qui enlève, point de ces tirades deCorneille qui font -frissonner. Ma fille, gardons-nousbien de lui comparer Racine ; senlons-en toujours la dif-férence. Vive notre vieil ami Corneille ! Pardonnons-luide méchants vers en faveur des divines et sublimesbeautés qui nous transportent : ce sont des traits demaître inimitables. Despréaux en dit encore plus quemoi. En un mot, cest le bon goût : tenez-vous-v. (Ma-dame DE SÉVIGNÉ.)

Ce nest pas la coutume de lAcadémie de se lever desa place dans les assemblées pour personne ; chacundemeure comme il est. Cependant, lorsque M. Corneillearrivoit après moi, javois pour lui tant de vénération,que je lui faisois cet honneur. Cest lui qui a formé lethéâtre françois. Il ne la pas seulement enrichi dungrand nombre de belles pièces toutes différentes les unesdes autres, on lui est encore redevable de toutes lesbonnes de tous ceux qui sont venus après lui. 11 ny aque la comédie il na pas si bien réussi. 11 y a tou-jours quelques scènes trop sérieuses : celles de Molièrene sont pas de même ; tout y ressent la comédie. M. deCorneille sentoit bien que Molière avoit eu cet avantagesur lui ; cest pour cela quil en avoit de la jalousie , nepouvant sempêcher de le témoigner : mais il avoit tort.

(Ségbais.)

Étant une fois près de Corneille sur le théâtre, à unereprésentation de Bajazel (1672), il me dit : Je me gar-derais bien de le dire à dautres que vous, pareequon