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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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Et qua mon amitié se plaint de sa paresse.

(Le page rentre.)

LÉONOR.

Madame, chaque jour même désir vous presse ; '

Et dans son entretien je vous vois chaque jourDemander en quel point se trouve son amour.

l'iNfantf,.

Ge n’est pas sans sujet; je l’ai presque forcéeA recevoir les traits dont son ante est blessée :

Elle aime don Rodrigue, et le tient de ma main,

Et par moi don Rodrigue a vaincu son dédain;

Ainsi de ces amants ayant formé les chaînes,

Je dois prendre intérêt à voir finir leurs peines.

LEONOR.

Madame, toutefois parmi leurs bons succèsVous montrez un chagrin qui va jusqu’à l’excès.

Get amour, qui tous deux les comble d’allégresse,

Fait-il de ce grand cœur la profonde tristesse?

Et ce grand intérêt que vous prenez pour euxVous rend-il malheureuse alors qu'ils sont heureux ?

Mais je vais trop avant, et deviens indiscrète.

l’invakte.

Ma tiistesse redouble à la tenir secrète.

Écoute, écoute enfui comme j’ai combattu,

Ecoute quels assauts brave encor ma vertu.

L’amour est un tyran qui n’épargne personne.

Ce jeune cavalier, cet amant que je donne,

Je l’aime.

LEONOR.

Vous l’aimez!

l'imahi:.

Mots la main sur mon cœur,

culte vaincue a de mérite ; mais il ne faut pas la surmonter aux dépensde la vraisemblance et de l’intérêt. C’est un des secrets de ce grandart de la tragédie, inconnu encore à la plupart de ceux qui l’exercent.Non- seulement on a retranché cette scène de l’inlantc. mais on asupprimé tout son rôle ; et Corneille ne s’était permis cette faute in-supportable que pour remplir l’étendue malheureusement prescrite àune tragédie. Il vaut mieux la faire beaucoup trop courte : un rôlesuperflu la rend toujours trop longue. (V.)