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LE CID.
Cet hymen m’est fatal, je le crains, et souhaite :
Je n’ose en espérer qu’une joie imparfaite.
Ma gloire et mon amour ont pour moi tant d’appas,Que je meurs s’il s’achève, ou ne s’achève pas.
LÉON'OR.
Madame, après cela je n’ai rien à vous dire,
Sinon que de vos maux avec vous je soupire :
Je vous blâmois tantôt, je vous plains à présent :Mais, puisque dans un mal si doux et si cuisantVotre vertu combat et son charme et sa force,
En repousse l’assaut, en rejette l’amorce,
Elle rendra le calme à vos esprits flottants.
Espérez donc tout d’elle, et du secours du temps :Espérez tout du ciel; il a trop de justicePour laisser la vertu dans un si long supplice.
i,'I nfante.
Ma plus: douce espérance est de perdre l’espoir.
• LE PAGE.
Par vos commandements Chimène vous vient voir.
l’infante , l Léonor.
Allez l’entretenir en cette galerie.
LÉONOR.
Voulez-vous demeurer dedans la rêverie ?
l’infante.
Non, je veux seulement, malgré mon déplaisir,Remettre mon visage un peu plus à loisir.
Je vous suis. Juste ciel, d’où j’attends mon remède,Mets enfin quelque borne au mal qui mè possède,Assure mon repos, assure mon honneur.
Dans le bonheur d’autrui je cherche mon bonheur.Cet hyménée à trois également importe;
Rends son effet plus prompt', OU mon ante plus forte.D’un lieu conjugal joindre ces'd'eux amants,
C’est briser tous mes fers, et finir m'es'tourments.Mais je tarde un peu trop, allons trouver Chimène,
Et par son entretien soulager nôtre peine.