LE cm.
SS
Que mou coup d’essai plaise à qui je dois la vie :
Mais parmi vos plaisirs ne soyez point jalouxSi je m’ose à mon tour satisfaire après vous.
Souffrez qu’en liberté mon désespoir éclate;
Assez et trop longtemps votre discours le flatte.
Je ne me retiens point de vous avoir servi;
Mais rendez-moi le bien que ce coup m’a ravi;
Mon bras pour vous venger, armé contre ma flamme,l’ar ce coup glorieux m’a privé de mon ame;
Ne me dites plus rien ; pour vous j’ai tout perdu ;
Ce que je. vous devois, je vous l’ai bien rendu.
11. DIÈGUE.
Porte, porte plus haut le fruit de ta victoire.
Je t’ai donné la vie, et tu me rends ma gloire;
Et d’autant que l’honneur m’est plus cher que le jour,D’autant plus maintenant je te dois de retour.
Mais d’un cœur magnanime éloigne ces foiblesses;Nous n’avons qu’un honneur, il est tant de maîtressesL’amour n’est qu’un plaisir, l’honneur est un devoir.
II. RODRIGUE,
Ah que me dites-vous?
D. DIÈGUE.
Ce que tu dois savoir.
D. RODRIGUE.
Mon honneur offensé sur moi-même se venge;
Et vous m’osez pousser à la honte du change!L’infamie est pareille, et suit égalementJ-e guerrier sans courage, et le perfide amant.
A ma fidélité ne faites point d’injure ;
Soulfrez-moi généreux sans me rendre parjure;
Mes liens sont trop forts pour être ainsi rompus;
Ma foi m’engage encor si je n’espère plus;
Et, ne pouvant quitter ni posséder Chimène,
Le trépas que je cherche est ma plus douce peine.
D. DIÈGUE.
H n’est pas temps encor de chercher le trépas;
Ton prince et ton pays ont besoin de ton bras.
La flotte qu’on craignoit, dans ce grand fleuve entrée,Croit surprendre la ville et piller la contrée.
Les Maures vont descendre; et le flux et la nuit