ACTE IV, SCÈNE V.
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SCÈNE Y.
D. FERNAND, D. DIÈGUE, D. ARIAS, D. SANCHE,D. ALONSE, CHIMÈNE, ELVIRE.
D. FEI1NAND.
Enfin soyez contente,
Chimène, le succès répond à votre attente ASi de nos ennemis Rodrigue a le dessus,il est mort à nos yeux des coups qu’il a reçus;
Rendez grâces au ciel, qui vous en a vengée.
(à D. Diègue.)
Voyez comme déjà sa couleur est changée.
D. DIÈGUE.
Mais voyez qu’elle pâme, et d’un amour parfait,
Dans cette pâmoison, sire, admirez l’effet.
Sa douleur a trahi les secrets de son ame,
Et ne vous permet plus de douter de sa flamme.
CHIMÈNE.
Ouoi ! Rodrigue est donc mort ?
D. FERNAND.
Non, non, il voit le jour,
Et te conserve encore un immuable amour :
Calme cette douleur qui pour lui s'intéresse.
CHIMÈNE.
Sire, ou pâme de joie, ainsi que de tristesse 1 2 :
Un excès de plaisir nous rend tout languissants;
Et, quand il surprend l’ame, il accable les sens.
D. FERNAND.
Tu veux qu’en ta faveur nous croyions l’impossible?Chimène, ta douleur a paru trop visible.
1 Cette petite ruse du roi est prise de l’auteur espagnol : l’Académiene la condamne pas. C’est apparemment le titre de tragi-comédie quila disposait à cette indulgence; car ce moyen paraît aujourd’hui peudigne de la noblesse du tragique. (Y.)
2 On ne dit pas pâmer, évanouir ; on dit se pâmer, s’évanouir . Cettedéfaite de Chimène est comique, et fait rire. La faute est de l’origi-nal; mais ses termes sont plus convenables. ("V.)