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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE CINQUIÈME.

SCÈNE J.

D. RODRIGUE, CHIMÈNE.

CHIMÈNE.

Quoi! Rodrigue, en plein jour! d’où te vient cette audace?Va, tu me perds d’honneur; retire-toi, de grâce.

D. RODRIGUE.

Je vais mourir, madame, et vous viens en ce lieu 1Avant le coup mortel, dire un dernier adieu;

Cet immuable amour qui sous vos lois m’engageN’ose accepter ma mort sans vous en faire hommage.

CHIMÈNE.

Tu vas mourir !

D. RODRIGUE.

Je cours à ces heureux momentsQui vont livrer ma vie à vos ressentiments.

CHIMÈNE.

Tu vas mourir! Don Sanche est-il si redoutable,Qu’il donne l’épouvante à ce cœur indomptable ?Qui t’a rendu si foible? ou qui le rend si fort?Rodrigue va combattre, et se croit déjà mort!Celui qui n’a pas craint les Maures ni mon père,Va combattre don Sanche, et déjà désespère!Ainsi donc au besoin ton courage s’abat!

D. RODRIGUE.

Je cours à mon supplice, et non pas au combat ;

l En quel lieul II est triste que ce mot adieu n’ait que lieu pourrime. C’est un des grands inconvénients de notre langue. (V.)

Le mot adieu a d’autres rimes ; mais, n’eût-il en effet que celle-là,ce seroit un foible inconvénient. (P.)

Du reste, la question que fait ici Voltaire est au moins irréfléchie :le reproche que Chimène vient d’adresser à Rodrigue indique assezclairement qu’il est chez elle.

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