ACTE TROISIEME.
SCÈNE I.
SABINE
Prenons parti, mon ame, en de telles disgrâces ;
Soyons femme d’Horace, ou sœur des Curiaces;
Cessons de partager nos inutiles soins ;
Souhaitons quelque chose et craignons un peu moins.
Mais las ! quel parti prendre en un sort si contraire ?
Quel ennemi choisir d’un époux ou d’un frère ’?
La nature ou l’amour parle pour chacun d’eux,
Et la loi du devoir m’attache à tous les deux.
Sur leurs hauts sentiments réglons plutôt les nôtres ;
Soyons femme de l’un ensemble et sœur des autres ;Regardons leur honneur comme un souverain bien ;
Imitons leur constance, et ne craignons plus rien.
La mort qui les menace -est une mort si belle,
Qu’il en faut sans frayeur attendre la nouvelle.
N’appelons point alors les destins inhumains ;
Songeons pour quelle cause, et non par quelles maius ;Revoyons les vainqueurs, sans penser qu’à la gloireQue toute leur maison reçoit de leur victoire;
El, sans considérer aux dépens de quel sang
1 Ce monologue de Sabine est absolument inutile, et fait languir lapièce. Les comédiens voulaient alors des monologues. La déclamationapprochait du chant, surtout celle des femmes ; les auteurs avaientcette complaisance pour elles. Sabine s’adresse à sa pensée, la re-tourne, répète ce qu’elle a dit, oppose parole à parole.
Eu l’une je suis femme, en l’autre je suis fille,
En l’une je suis fille, en l’autre je suis femme,
Songeons pour quelle cause, et non par quelles mains.
Je songe par quels bras, et non par quelle cause.
Les quatre derniers vers sont plus dans la passion. (V.