<32 HORACE.
E 1 .. souffrons les douceurs d’une juste espérance.Quand la faveur du ciel ouvre à demi ses bras,
Qui ne s’en promet rien ne la mérite pas ;
Il empêche souvent qu’elle ne se déploie;
Et lorsqu’elle descend, son refus la renvoie.
CAMILLE.
I e ciel agit sans nous en ces événements,
Et ne se règle point dessus nos sentiments.
JULIE.
II ne vous a fait peur que pour vous faire grâce.Adieu : je vais savoir comme enfin tout se passe 1 !Modérez vos frayeurs ; j’espère à mon retour
Ne vous entretenir que de propos d’amour 2 ;
Et que nous n’emploierons la lin de la journéeQu’aux doux préparatifs d'un heureux hyménée.
SABINE.
J’ose encor l’espérer.
CAMILLE.
Moi, je n’espère rien.
JULIE.
L’effet vous fera voir que nous en jugeons bien.
SCÈNE IY.
SABINE, CAMILLE.
SABINE.
Parmi nos déplaisirs souffrez que je vous blâme 3 :
Je ne puis approuver tant de trouble en votre ame;
1 Ce vers de comédie démontre l’inutilité de la scène. La nécessitédesavoir comme tout se passe condamne tout ce froid dialogue. [W.)
2 Ce discours de Julie est trop d’une soubrette de comédie. (V.)
3 Cette scène est encore froide. On sent trop que Sabine et Julie nesont là que pour amuser le peuple en attendant qu’il arrive un évé-nement intéressant ; elles répètent ce qu’elles ont déjà dit. Corneillemanque à la grande règle, semper ad eventum festinet ; mais quelhomme l’a toujours observée"! J’avouerai que Shakspeare est, de tousles auteurs tragiques, celui où l’on trouve le moins de ces scènes depure conversation: il y a presque toujours quelque chose de nouveau