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ACTE IV, SCÈNE II.
Je sais trop comme agit la vertu véritable :
C’est sans en triompher que le nombre l’accable ;Et sa mâle vigueur, toujours en même point,Succombe sous la force, et ne lui cède point.Taisez-vous, et sachons ce que nous veut Valère.
SCÈNE II.
le vieil HORACE, VALÈRE, CAMILLE.
VALÈRE.
Envoyé par le roi pour consoler un père,
Et pour lui témoigner...
LE VIEIL HORACE.
N’en prenez aucun soin :
C’est un soulagement dont je n’ai pas besoin ;
Et j’aime mieux voir morts que couverts d’infamieCeux que vient de m’ôter une main ennemie.
Tous deux pour leur pays sont morts en gens d’honneur;
Il me suffit.
VALÈRE.
Mais l’autre est un rare bonheur;
De tous les trois chez vous il doit tenir la place.
LE VIEIL HORACE.
Que n’a-t-on vu périr en lui le nom d’Horace!
VALÈRE.
Seul vous le maltraitez après ce qu’il a fait.
LE VIEIL HORACE.
• C’est à moi seul aussi de punir son forfait L
VALÈRE.
Quel forfait trouvez-vous en sa bonne conduite?
LE VIEIL HORACE.
Quel éclat de vertu trouvez-vous en sa fuite ?
VALÈRE.
La fuite est glorieuse en cette occasion.
1 Si son fils est coupable d’un forfait envers Rome, pourquoi serait-ce au père seul à le punir! (V.)