HORACE.
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La pais calme l’effroi que me fait la batailleMon bymen se prépare, et presque en un momentPour combattre mon frère on choisit mon amant <;
Ce choix me désespère, et tous le désavouent,
La partie est rompue, et les dieux la renouent;
Rome semble vaincue, et seul des trois Albains,
Curiace en mon sang n’a point trempé ses mains.
O dieux! sentois-je alors des douleurs trop légèresPour le malheur de Rome et la mort de deux frères?
Et me flattois-je trop quand je croyois pouvoirL’aimer encor sans crime et nourrir quelque espoir ?
Sa mort m’en punit bien, et la façon cruelleDont mon ame éperdue en reçoit la nouvelle :
Son rival me l’apprend, et, faisant à mes yeuxD’un si triste succès le récit odieux,
Il porte sur le front une allégresse ouverte,
Que le bonheur public fait bien moins que ma perte;
Et, bâtissant en l’air sur le malheur d’autrui,
Aussi bien que mon frère il triomphe de lui.
Mais ce n’est rien encore an prix de ce qui reste :
On demande ma joie en un jour si funeste;
Il me faut applaudir aux exploits du vainqueur,
Et baiser une main qui me perce le cœur.
En un sujet de pleurs si grand, si légitime,
Se plaindre est une honte, et soupirer un crime;
Leur brutale vertu veut qu’on s’estime heureux,
Et si l’on n’est barbare on n’est point généreux.
teur entend. Je suis effrayé, on me rassure. Je doute d’une chose, onm'assure qu’elle est ainsi... Assurer avec l’accusatif ne s’emploie quepour certifier : J’assure ce fait; et en termes d’art, il signifie affermir :Assurez cette solive, ce chevron. (V.)
Assurer a été employé souvent au lieu de rassurer par des poètespostérieurs à Corneille, et qui savoient écrire purement. Abner, dansAthalie, dit à Josabeth :
Princesse, assurez-vous; je les prends sous ma garde.
Voltaire se plaint souvent du peu de liberté qu’on accorde à lapoésie, et, par ses exclusions, on croiroit qu’il ne cherche qu’à enaugmenter la gêne. (P.
1 Cette récapitulation de la pièce précédente n’est-elle point encorel’opposé d’une affliction véritable! Curez leves loquuntur . (V.)