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ACTE IV, SCÈNE VI.
Passent pour la détruire et les monts et les mers !Qu’elle-même sur soi renverse ses murailles,
Et de ses propres mains déchire ses entrailles !
Que le courroux du ciel allumé par mes vœuxFasse pleuvoir sur elle un déluge de feux!
Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre,
Voir ses maisons en cendre, et tes lauriers en poudre;Voir le dernier Romain à son dernier soupir;
Moi seule en être cause., et mourir de plaisir !
HORACE, mettant l’épée à la main, et poursuivant sa sœur, qui s’enfuit.
C’est trop, ma patience à la raison fait place ;
Va dedans les enfers plaindre ton Curiace 1 II !
CAMILLE , blessée derrière le théâtre.
Ah, traître!
HORACE y revenant sur le théâtre.
Ainsi reçoive un châtiment soudainQuiconque ose pleurer un ennemi romain !
SCÈNE VL
HORACE, PROCULE.
PROCULE.
Que venez-vous de faire *¥
1 On ne se sert plus du mot de dedans, et il fut toujours un solé-cisme quand on lui donne un régime ; on ne peut l’employer que dansun sens absolu. Êtes-vous hors du cabinet ? Non , je suis dedans.Mais il est toujours mal de dire dedans ma chambre, dehors de machambre. Corneille, au cinquième acte, dit :
Dans les murs, hors des murs, tout parle de sa gloire.
II n’aurait pas parlé français s’il eût dit, dedans les murs , dehors lesmurs. (V.)
2 D’où vient ce Procule ! à quoi sert ce Procule, ce personnage su-balterne qui n’a pas dit un mot jusqu’ici! C’est encore un très granddéfaut; non pas de ces défauts de convenance, de ces fautes quiamènent des beautés,mais de celles qui amènent de nouveaux défauts.
Cette scène a toujours paru dure et révoltante. Aristote remarqueque la plus froide des catastrophes est celle dans laquelle on commetde sang-froid une action atroce qu’on a voulu commettre. Addison,