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HORACE.
HOBACE.
Un acte de justice;
Un semblable forfait veut un pareil supplice.
PROCULE.
Vous deviez la traiter avec moins de rigueur.
HORACE.
Ne me dis point qu’elle est et mon sang et ma sœur :Mon père ne peut plus l’avouer pour sa fille :
Qui maudit son pays renonce à sa famille;
Des noms si pleins d’amour ne lui sont plus permis;De ses plus chers parents il fait ses ennemis ;
Le sang même les arme en haine de son crime.
La plus prompte vengeance en est plus légitime ;
Et ce souhait impie, encore qu’impuissant,
Est un monstre qu’il faut étouffer en naissant.
SCÈNE VII.
SABINE, HORACE, PROCULE.
SABINE.
A quoi s'arrête ici ton illustre colère 1 ?
Viens voir mourir ta sœur clans les bras de ton père ;
Viens repaître tes yeux d’un spectacle si doux ;
dans son Spectateur, dit que ce meurtre de Camille est d’autant plusrévoltant, qu’il semble commis de sang-froid, et qu’Horace, traversanttout le théâtre pour aller poignarder sa sœur, avait tout le temps dela réflexion. Le public éclairé ne peut jamais souffrir un meurtre surle théâtre, à moins qu’il ne soit absolument nécessaire, ou que lemeurtrier n’ait les plus violents remords. (V.)
1 Sabine arrivant après le meurtre de Camille, seulement pour re-procher cette mort à son mari, achève de jeter de la froideur sur unévénement qui, autrement préparé, devait être terrible.
L’illustre colere et les généreux coups sont une déclamation iro-nique. Racine a pourtant imité ce vers dans AndromaqueQue peut-on refuser à ces généreux coups?
Cette conversation de Sabine et d’Horace, après le meurtre de Ca-mille, est aussi inutile que la scène de Proculus ; elle ne produit au-cun changement. (V.)