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V.~
HORACE.
SCÈNE IL
TULLE, VALÈRE, le vieil HORACE, HORACE, troupe de
GARDES.
LE VIEIL HORACE.
Ah! sire, un tel honneur a trop d’excès pour moi;
Ce n’est point en ce lieu que je dois voir mon roi :Permettez qu’à genoux...
TULLE.
Non, levez-vous, mon père.
Je fais ce qu’en ma place un bon prince doit faire.
Un si rare service et si fort important 1
Veut l’honneur le plus rare et le plus éclatant. •
(montrant Valère.)
Vous en aviez déjà sa parole pour gage;
Je ne l’ai pas voulu différer davantage..
J’ai su, par son rapport, et je n’en doutois pas,
Comme de vos deux fils vous portez le trépas 2 ,
Et que, déjà votre ame étant trop résolue,
Ma consolation vous serait superflue :
Mais je viens de savoir quel étrange malheurD’un fils victorieux a suivi la valeur,
Et que son trop d’amour pour la cause publique,
Par ses mains à son père ôte une fille unique.
Ce coup est un peu rude à l’esprit le plus fort;
Et je doute comment vous portez cette mort 3 .
LE VIEIL HORACE.
Sire, avec déplaisir, mais avec patience.
TULLE.
C’est l’effet vertueux de votre expérience.
Beaucoup par un long âge ont appris comme vousQue le malheur succède au bonheur le plus doux :
Peu savent comme vous s’appliquer ce remède,
1 Fort est de trop.
2 II faut comment; et portez n’est plus d’usage. (T.)
S Répétition vicieuse. (V.)