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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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202 ÉPITRE

cliées et comme unies l’une à l’autre, qu’elles ontété tout ensemble et la cause et l’effet l’une (le l’autre?Tous ayez des richesses, mais tous savez en jouir, etvous en jouissez d’une façon si noble, si relevée, ettellement illustre, que vous forcez la voix publiqued’avouer que la fortune a consulté la raison quandelle a répandu ses faveurs sur vous, et qu’on a plusde sujet de vous en souhaiter le redoublement que devous en envier l’abondance. J’ai vécu si éloigné dela flatterie, que je pense être en possession de mefaire croire quand je dis du bien de quelqu’un; etlorsque je donne des louanges (ce qui m’arrive assezrarement), c’est avec tant de retenue, que je sup-prime toujours quantité de glorieuses vérités, pour neme rendre pas suspect d’étaler de ces mensonges obli-geants que beaucoup de nos modernes savent débiterde si bonne grâce. Aussi je ne dirai rien des avantagesde votre naissance, ni de votre courage qui l’a si digne-ment soutenue dans la profession des armes, à qui vousavez donné vos premières années ; ce sont des chosestrop connues de tout le monde. Je ne dirai rien de ceprompt et puissant secours que reçoivent chaque jourde votre main tant de bonnes familles ruinées par lesdésordres de nos guerres; ce sont des choses que vousvoulez tenir cachées. Je dirai seulement un mot dece que vous avez particulièrement de commun avecAuguste : c’est que cette générosité qui compose lameilleure partie de votre ame et règne sur l’autre, etqu’à juste titre on peut nommer l’ame de votre ame,puisqu’elle en fait mouvoir toutes les puissances;c’est, dis-je, que cette générosité, à l’exemple de