ACTE I, SCÈNE IV. 225
Ne sait ni nos desseins, ni ce qui m’est promis;
Et, leur parlant tantôt des misères romaines,
Je leur ai tu la mort qui fait naître nos haines,
De peur que mon ardeur, touchant vos intérêts,
D’un si parfait amour ne trahît les secrets;
Il n’est su que d’Évandre et de votre Fulvie.
EMILIE.
Avec moins de frayeur je vais donc chez Livie,
Puisque dans ton péril il me reste un moyenDe faire agir pour toi son crédit et le mien :
Mais si mon amitié par là ne te délivre,
N’espère pas qu’enfin je veuille te survivre.
Je fais de ton destin des règles à mon sort,
Et j’obtiendrai ta vie, ou je suivrai ta mort *.
CINNA.
Soyez en ma faveur moins cruelle à vous-même.
' EMILIE.
Va-t’en, et souviens-toi seulement que je t’aime
1 Je. suivrai fa mort n’exprime pas ce que l’auteur veut dire, jemourrai après toi . (V.)
2 Seulement fait là un mauvais effet; car Cinna doit se souvenir deson entreprise et de ses amis. On ne remarque ces légères inadver-tances qu’en faveur des étrangers et des commençants. (V.)
FIN DU PREMIER ACTE.