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CINNA.
Et faites hautement connollre enfin à tousQue tout ce qu’elles ont est au-dessous de vous.
Votre Rome autrefois vous donna la naissance 1 2 ;
Vous lui voulez donner votre toute-puissance;
Et Cinna vous impute à crime capitalLa libéralité vers le pays natal 3 !
Il appelle remords l’amour de la patrie !
Par la haute vertu la gloire est donc flétrie,
Et ce n’est qu’un objet digne de nos mépris,
Si de ses pleins effets l’infamie est le jrrix 3 îJe veux bien avouer qu’une action si belleDonne à P.ome bien plus que vous ne tenez d’elle ;
Mais commet-on un crime indigne de pardon 4 * 6 ,
Quand la reconnoissance est au-dessus du don?
Suivez, suivez, seigneur, le ciel qui vous inspire :
Votre gloire redouble à mépriser l’empire ;
Et vous serez fameux chez la postérité,
Moins pour l’avoir conquis que pour l’avoir quitté.
Le bonheur peut conduire à la grandeur suprême.
Mais pour y renoncer il faut la vertu même ;
Et peu de généreux vont jusqu’à dédaigner,
Après un sceptre acquis la douceur de régner s .
1 La tyrannie du vers amène très mal à propos ce mot oiseux au-trefois, {X.)
2 Le pays natal n’est pas du style noble. La libéralité n’est pas lemot propre ; car rendre la liberté à sa -patrie est bien plus que libera-litas Augusti. (Y.)
3 Cette phrase n’a pas la clarté, l’élégance, la justesse nécessaire.La vertu est donc un objet digne de nos mépris, si Finfamie est leprix de ses pleins effets. Remarquez de plus ogcCinfamie n’est pas lemot propre : il n’y a point d’infamie à renoncer à l’empire. (Y.)
* La rime a encore produit cet hémistiche, indigne de pardon : cenîest assurément pas un crime impardonnable de donner plus qu’onn’a reçu. Les vers, pour être bons, doivent avoir l’exactitude de la
prose, en s’élevant au-dessus d’elle. (V.)
6 Après un sceptre acquis ; cet hémistiche n’est pas heureux, etces deux vers sont de trop aprè$ celui-ci :
Mais pour y renoncer il faut la vertu même.
C’est toujours gâter une belle pensée que de vouloir y ajouter; c’estune abondance vicieuse. (Y.)