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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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CINNA.

MAXIME.

Mais si pour s’excuser il nomme sa complice,

S’il arrive qu’Auguste avec lui la punisse,

Puis-ie lui demander, pour prix de mon rapport,Celle qui nous oblige à demander sa mort?

EUPHOUBE.

Vous pourriez m’opposer tant et de tels obstacles,Que pour les surmonter il faudroit des miracles;J’espère toutefois qu’à force d’y rêver...

MAXIME.

Éloigne-toi, dans peu j’irai te retrouver :

Cinna vient, et je veux en tirer quelque chose ',Pour mieux résoudre après ce que je me propose.

SCÈNE II.

CINNA, MAXIME.

MAXIME.

Vous me semblez pensif.

CINNA.

Ce n’est pas sans sujet.

MAXIME.

Puis-je d’un tel chagrin savoir quel est l’objet?

CINNA.

Émilie et César : l’un et l’autre me gêne 1 2 ;

L’un me semble trop bon, l’autre trop inhumaine.

1 On ne voit pas ce qu’il ve'ut tirer de Cinna ; s’il veut être instruitque Cinna est son rival, il le sait déjà. (Y.)

2 C’est là peut-être ce que Cinna devait dire immédiatement aprèsla conférence d’Auguste. Pourquoi a-t-il à présent des remords! s’est-il passé quelque chose de nouveau qui ait pu lui en donner ! Je demandetoujours pourquoi il n’en a point senti quand les bienfaits et la ten-dresse d’Auguste devaient faire sur son cœur une si forte impression..Il a été perfide; il s’est obstiné dans sa perfidie. Les remords sont lepartage naturel de ceux que l’emportement des passions entraîne aucrime, mais non pas des fourbes consonimés. C’est sur quoi les lecteursqui connaissent le cœur humain doivent prononcer. Je suis bien loin deporter un jugement. (Y.)