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CINNA.
Envers nos citoyens je sais quelle est ma faute,
Et leur rendrai bientôt tout ce que je leur ôte ;
Mais pardonne aux abois d’une vieille amitiéQui ne peut expirer sans me faire pitié ;
Et laisse-moi, de grâce, attendant Émilie,
Donner un libre cours à ma mélancolie :
Mon chagrin t’importune, et le trouble où je suisVeut de la solitude à calmer tant d’ennuis.
MAXIME.
Vous voulez rendre compte à l’objet qui vous blesseDe la bonté d’Octave et de votre foiblesse ;
L’entretien des amants veut un entier secret.
Adieu. Je me retire en confident discret '.
SCÈNE III.
CINNA.
Donne un plus digne nom au glorieux empire 8Du noble sentiment que la vertu m’inspire,
seul mot, détruit tout l’intérêt de la pièce, toute la grandeur qu’il adéployée dans le premier acte. Que veulent dire les abois d’une vieilleamitié qui lui fait pitié 1 Quelle façon de parler ! et puis il parle de samélancolie. (Y.)
1 Maxime finit son indigne rôle dans cette scène par un vers de co-médie, et en se retirant comme un valet à qui on dit qu’on veut être■seul. L’auteur a entièrement sacrifié ce rôle de Maxime : il ne faut leregarder que comme un personnage qui sert à faire valoir les autres. ( V.l— Le respect que nous avons pour Corneille, malgré ses fautes, qui•appartiennent encore plus au temps où il écrivoit qu’à son génie, nousferoit desirer ici des expressions plus mesurées. Le personnage deMaxime peut sans doute causer de l’indignation ; cependant la tragédien’exclut pas les personnages vicieux ; elle doit éviter seulement ce quiest ignoble et bas, et ce qui le devient encore plus par un style tropfamilier. (P.)
â Yoici le cas où un monologue est convenable : un homme dans unesituation violente peut examiner avec lui-même le danger de son entre-prise, l’horreur du crime qu’il va commettre, écouter ou combattre sesremords ; mais il fallait que ce monologue fût placé après qu’Augustel’a comblé d’amitié et de bienfaits, et non pas après une scène froideavec Maxime. (V.)