ACTE IV, SCÈNE III.
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SCÈNE III 1 .
AUGUSTE, LIVIE.
AUGUSTE.
Madame, on me trahit, et la main qui me tueRend sous mes déplaisirs ma constance abattue.
Cinna, Cinna le traître...
LIVIE.
Euphorbe m’a tout dit.
Seigneur, et j’ai pâli cent fois à ce récit.
Mais écouteriez-vous les conseils d’une femme?
AUGUSTE.
Hélas! de quel conseil est capable mon ame?
LIVIE.
Votre sévérité, sans produire aucun fruit,
Seigneur, jusqu’à présent a fait beaucoup de bruit;
Par les peines d’un autre aucun ne s’intimide :
Salvidien à bas a soulevé Lépide;
Murène a succédé, Cépion l’a suivi :
Le jour à tous les deux dans les tourments raviN’a point mêlé de crainte à la fureur d’Égnace,
Dont Cinna maintenant ose prendre la place ;
Et dans les plus bas rangs les noms les plus abjectsOnt voulu s’ennoblir par de si hauts projets.
Après avoir en vain puni leur insolence,
l On a retranché toute cette scène au théâtre depuis environ trenteans. Rien ne révolte plus que de voir un personnage s’introduire surla fin sans avoir été annoncé, et se mêler des intérêts de la pièce sansy être nécessaire. Le conseil que Livie donne à Auguste est rapportédans l’histoire ; mais il fait un très mauvais effet dans la tragédie ; ilôte à Auguste la gloire de prendre de lui-même un parti généreux..Auguste répond à Livie : Vous m’aviez bien promis des conseils d'unefemme , vous me tenez parole ; et après ces vers comiques il suit ces.mêmes conseils : cette conduite l’avilit. On a donc eu raison de retran-cher tout le rôle de Livie, comme celui de Pinfante dans le Cid. Par-donnons ces fautes au commencement de Part, et surtout au sublime,dont Corneille a donné beaucoup plus d’exemples qu’il n’en a donné defaiblesse dans ses belles tragédies. (V.)