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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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272

CINNA.

LIVIE.

Donnez moins de croyance à votre passion.

AUGUSTE.

Ayez moins de foiblesse, ou moins d’ambition.

LIVIE.

Ne traitez plus si mal un conseil salutaire.

AUGUSTE.

Le ciel m'inspirera ce qu’ici je dois faire.

Adieu : nous perdons temps.

LIVIE.

Je lie vous quitte point,

Seigneur, que mon amour n’ait obtenu ce point 1 .

AUGUSTE.

C’est l’amour des grandeurs qui vous rend importune 2

LIVIE.

J’aime votre personne, et non votre fortune.

(Elle est seule.)

il m’échappe; suivons, et forçons-le de voirQu’il peut, en faisant grâce, affermir son pouvoir,

Et qu’enfm la clémence est la plus belle marqueQui fasse à l’univers connoître un vrai monarque.

SCÈNE IV 8 .

«

ËMILIE, FULVIE.

EMILIE.

D’où me vient cette joie, et que mal à propos,

mettre toute sa province, pour rimer à prince; et toute sa provinceest une expression bien malheureuse, surtout quand il s’agit de l’empireromain. (V.)

1 Ce mot point est trivial et didactique. Premier point, secondpoint, point principal. (Y.)

2 C’est l’amour des grandeurs qui vous rend importune,

augmente encore la faute qui consiste à faire rejeter par Auguste untrès bon conseil, qu’en effet il accepte. (V.)

3 La scène Teste vide; c’est un grand défaut aujourd'hui, et danslequel même les plus médiocres auteurs ne tombent pas. Mais Cor-