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CINNA.
Tu l’en souviens, Cinna, tant d’heur et tant de gloireNe peuvent pas sitôt sortir de ta mémoire ;
Mais ce qu’on ne pourroit jamais s’imaginer,
Cinna, tu t’en souviens, et veux m’assassiner.
CINNA.
Moi, seigneur! moi, que j’eusse une ame si traîtresse!Qu’un si lâche dessein...
AUGUSTE.
Tu tiens mal ta promesse :Sieds-toi, je n’ai pas dit encor ce que je veux ;
Tu te justifieras après, si tu le peux.
Ecoule cependant, et tiens mieux ta parole.
Tu veux m’assassiner demain, au Capitole,
Pendant le sacrifice, et ta main pour signalMe doit, au lieu d’encens, donner le coup fatal;.
La moitié de tes gens doit occuper la porte,
L’autre moitié te suivre et te prêter main-forte.
Ai-je de bons avis, ou de mauvais soupçons 1 ?l)e tous ces meurtriers te dirai-je les noms?
Procule, Glabrion, Virginian, Rutile,
Marcel, Plaute, Lénas, Pompone, Albin, Icile,
Maxime, qu’après toi j’avois le plus aimé :
Le reste ne vaut pas l’honneur d’être nommé ;
Un tas d’hommes perdus de dettes et de crimes,
Que pressent de mes lois les ordres légitimes,
Et qui, désespérant de les plus éviter,
Si tout n’est renversé, ne sauroient subsister.
Tu te tais maintenant, et gardes le silence,
Plus par confusion que par obéissance.
Quel étoit ton dessein, et que prétendois-tuAprès m’avoir au temple à tes pieds abattu?
Affranchir ton pays d’un pouvoir monarchique!
Si j’ai bien entendu tantôt ta politique,
Son salut désormais dépend d’un souverain,
Qui pour tout conserver tienne tout en sa main;
El si sa liberté te faisoit entreprendre,
l Bons et mauvais n’est-il pas un peu trop antithèse ? et ces antithèses, en général, ne sont-elles pas trop fréquentes dans les vers français et dans la plupart des langues modernes! (V.)