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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE V, SCÈNE III.

Eli liien ! prcnds-cn ta part, et me laisse la mienne 1 ;

Ce seroit l’affoiblir que d’affoiblir la tienne :

La gloire et le plaisir, la honte et les tourments,

Tout doit être commun entre de vrais amants 2 .

Nos deux aines, seigneur, sont deux âmes romaines ;Unissant nos désirs, nous unîmes nos haines ;

De nos parents perdus le vif ressentimentNous apprit nos devoirs en un même moment;

En ee noble dessein nos cœurs se rencontrèrent;

Nos esprits généreux ensemble le formèrent ;

Ensemble nous cherchons l'honneur d’un beau trépas :Vous vouliez nous unir, ne nous séparez pas.

AUGUSTE.

Oui, je vous unirai, couple ingrat et perfide,

Et plus mon ennemi qu’Antoine ni Lepide;

Oui, je vous unirai, puisque vous le voulez :

Il faut bien satisfaire aux feux dont vous brûlez;

El que tout l’univers, sachant ce qui m’anime,

S’étonne du supplice aussi bien que du crime.

SCÈNE III.

AUGUSTE, LIME, CINNA, MAXIME, ÉMILIE, FULYI

AUGUSTE.

Mais enfin le ciel m’aime, et ses bienfaits nouveauxOnt arraché Maxime à la fureur des eaux 3 .

' Eh bien! prends-en ta part est du ton de la comédie. (V.| —Nous avouons qu’ici prends-en ta part nous paraît simple et noi.de.

(P-l

2 Ce vers est encore du ton de la comédie; et cette expression devrais amants revient trop souvent. (V.)

3 Maxime vient ici faire un personnage aussi inutile que Livie : ilparaît qu’il ne doit point dire à Auguste qu’on l’a fait passer pour noyé,de peur qu’on n’eût envoyé après lui, puisqu’il n’avait révélé la conspi-ration qu’à condition qu’on lui pardonnerait. N’eût-il pas été mieuxqu’il se fût noyé en effet de douleur d’avoir joué un si lâche person-nage On ne s’intéresse qu’au sort de Cinna et d’Émilie, et la grâce deMaxime ne touche personne. (Yi)