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ACTE I, SCÈNE IV.
La vision, de soi, peut faire quelque horreur 1 ,
Mais non pas vous donner une juste terreur.
Pouvez-vous craindre un mort, pouvez-vous craindre un pèreQui chérit votre époux, que votre époux révère,
Et dont le juste choix vous a donnée à luiPour s’en faire en ces lieux un ferme et sûr appui?
PAULINE.
11 m’en a dit autant, et rit de mes alarmes;
Mais je crains des chrétiens les complots et les charmes,
Et que sur mon époux leur troupeau ramasséNe venge tant de sang que mon père a versé.
STRATONICE.
Leur secte est insensée, impie et sacrilège,
Et dans son sacrifice use de sortilège;
Mais sa fureur ne va qu’à briser nos autels ;
Elle n’en veut qu’aux dieux, et non pas aux mortels.
Quelque sévérité que sur eux on déploie,
Ils souffrent sans murmure, et meurent avec joie;
Et, depuis qu’on les traite en criminels d’État,
On ne peut les charger d’aucun assassinat.
PAULINE.
Tais-toi, mon père vient.
SCÈNE IY.
FÉLIX, ALBIN, PAULINE, STRATONICE.
Ma fille, que ton songeEn d’étranges frayeurs ainsi que toi me plonge!
Que j’en crains les effets, qui semblent s’approcher !
PAULINE.
Quelle subite alarme ainsi vous peut toucher?
FÉLIX.
Sévère n’est point mort.
1 La vision est bannie du genre noble, et de soi l’est de tous lesgenres. (Y.)