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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE I, SCÈNE IV.

L’ordre d’un sacrifice est paur lui peu de chose,C’est un prétexte faux dont l’amour est la cause.

PAULINE.

Cela pourroit bien être ; il m’aimoit chèrement.

FELIX.

Que ne permettra-t-il à son ressentiment?

Et jusques à quel point ne porte sa vengeanceUne juste colère avec tant de puissance ?

II nous perdra, ma fille.

PAULINE.

Il est trop généreux.

FÉLIX.

Tu veux flatter en vain un père malheureux ;

IL nous perdra, ma tille. Ah! regret qui metueDe n’avoir pas aimé la vertu toute nue!

Ah, Pauline! en effet, tu m’as trop obéi;

Ton courage étoit bon, ton devoir l’a trahi 1 :

Que ta rébellion m’eût été favorable!

Qu’elle m’eût garanti d’un état déplorable!

Si quelque espoir me reste, il n’est plus aujourd’huiQu’en l’absolu pouvoir qu’il te donnoit sur lui;Ménage eu ma faveur l’amour qui le possède,

Et d’où provient mon mal fais sortir le remède 2 .

■exprès de la frontière, lui écrire, l’instruire de tout, et lui demanderPauline*! N’était-il pas infiniment plus raisonnable que Félix dît àsa fille ; Sévère n'est point mort , il arrive, il m'écrit , il vous demandepour épouse ? En ce cas, Pauline ne lui aurait pas répondu par ce vers«omique : Cela pourrait bien être. Mais ici elle doit répondre : Celane doit pas être ; il fait trop peu de cas de vous, il ne vous écritpoint; vous ne savez sa victoire que par ses valets ; s’il voulait m’é-pouser, il ne vous traiterait pas avec tant de mépris. (Y.)

1 .On dit bien dans le style familier, tu as bon courage; mais nonpas ton courage est bon. L’auteur veut dire, tu pensais mieux que moi...le ciel t’inspirait... ton cœur ne se trompait pas. (Y.)

2 Félix n’annonce-t-il pas par ce vers le caractère le plus bas et leplus lâche! ces expressions bourgeoises, fais sortir le remède, ne por-tent-elles pas dans l’esprit l’idée que sa fille doit faire des caresses à

* Non, si Sévère, comme c’est en effet son dessein, et comme il le dit au se-cond acte à son confident, veut auparavant voir Pauline, et s’assurer s’il en esttoujours aimé. (P.)