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ACTE I, SCÈNE IV.
Ou tu trahis ton père et toute ta famille'.
PAULINE.
C'est à moi d’obéir, puisque vous commandez;
Mais voyez les périls où vous me hasardez.
FÉLIX.
Ta vertu m’est connue.
PAULINE.
Elle vaincra sans doute;
Ce n’est pas le succès que mon ame redoute :
Je crains ce dur combat et ces troubles puissantsQue fait déjà chez moi la révolte des sens;
Mais, puisqu’il faut combattre un ennemi que j’aime,SouHrez que je me puisse armer contre moi-même,
Et qu’un peu de loisir me prépare à le voir.
FÉLIX.
Jusqu’au-devant des murs je vais le recevoir 2 ;
Rappelle cependant tes forces étonnées",
Et songe qu’en tes mains tu tiens nos destinées.
PAULINE.
Oui, je vais de nouveau dompter mes sentiments,
Pour servir de victime à vos commandements.
1 Malheureuse preuve de l’esclavage de la rime : toute ta famillepour rimer à fille ; toute la province pour rimer à prince. On ne tombeplus guère aujourd’hui dans ces fautes ; mais la rime gène toujours,et met souvent de la langueur dans le style. ( V.j
2 On va au-devant de quelqu’un, mais non au-devant des murs ; ouva le recevoir hors des murs, au delà des murs. (A'.)
2 On n’a jamais dit les forces d’une femme en pareil cas. (VJ
FIN DU PREMIER ACTE.