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ACTE V, SCÈNE II.
Et croire que nous seuls armons ce combattant,Parcequ’au point qu’il est j’en voudrais faire autant 1 .
SCÈNE II*.
CLÉOPÂTRE, CORNÉ LIE, PHILIPPE, CHARMION.
CLÉOPÂTRE.
.le ne viens pas ici pour troubler une plainteTrop juste à la douleur dont vous êtes atteinte 3 ;
Je viens pour rendre hommage aux cendres d’un hérosQu’un fidèle affranchi vient d’arracher aux Ilots,
Pour le plaindre avec vous, et vous jurer, madame,
Que j’aurois conservé ce maître de votre ante,
Si le ciel, qui vous traite avec trop de rigueur,
M’en eût donné la force aussi bien que le cœur.
Si pourtant, à l’aspect de ce qu’il vous renvoie,
Vos douleurs laissoient place à quelque peu de joie ;
Si la vengeance avoil de quoi vous soulager,
Je vous dirais aussi qu’on vient de vous venger,
Que le traître Fhotin... Vous le savez peut-être.
CORNÉLIE.
Oui, princesse, je sais qu’on a puni ce traître.
CLÉOPÂTRE.
lin si prompt châtiment vous doit être bien doux.
CORNÉLIE.
S’il a quelque douceur, elle n’est que pour vous.
CLÉOPÂTRE.
Tous les cœurs trouvent doux le succès qu’ils espèrent.
trahison; mais, quoiqu’il ait puni ses assassins, elle ne peut lui par-donner d’avoir causé sa mort, et surtout d’attenter à la liberté de sapatrie. (P.)
1 Au point qu’il est ne se dit plus. (V.)
2 Après cette scène de Cornélie, qui est un chef-d’œuvre de génie,on est fâché de voir celle-ci. Quand le sujet baisse, l’auteur baisse né-cessairement; et Cléopâtre n’est pas digne de parler à Cornélie. Cesscènes d’ailleurs ne servent ni au nœud ni au dénouement ; ce sont desentretiens, et non pas des scènes. (V.}
3 Juste à la douleur n’est pas français; il fallait, permise à la dou-leur. (V.