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POMPÉE.
CORNÉ LIE.
Pomme nos intérêts, nos sentiments diffèrent.
Si César à sa mort joint celle d’Achillas,
Vous êtes satisfaite, et je ne la suis pas >.
Aux mânes de Pompée il faut une autre offrande :
La victime est trop basse, et l'injure est trop grande;
Et ce n’est pas un sang que pour la réparerSon ombre et rna douleur daignent considérer :
L’ardeur de le venger, dans mon ame allumée 2 ,
En attendant César, demande Ptolomée 3 .fout indigne qu’il est de vivre et de régner,
Je sais bien que César se force à l’épargner;
Mais, quoi que son amour ait osé vous promettre,
Le ciel, plus juste eulin, n’osera le permettre;
Et, s’il peut une fois écouter tous mes vœux,
Par la main l’un de l’autre ils périront tous deux 4 .
Mon ame à ce bonheur, si le ciel me l’envoie,
Oubliera ses douleurs pour s’ouvrir à la joie;
Mais si ce grand souhait demande trop pour moi,
Si vous n’en perdez qu'un, ô ciel! perdez le roi.
CLEOPATRE.
t.e ciel sur nos souhaits ne règle pas les choses ».
CORNÉLIE.
Le ciel règle souvent les effets sur les causes 6 ,
* On sait aujourd’hui qu’il faut, je ne le suis pas ; ce le est neutre :Etes-vous satisfaites^ nous le sommes, et non pas, nous les sommes. ( V.)
3 L'ardeur de le venger ne se rapporte à rien : elle veut dire Pompée ;mais ce régime est trop éloigné. (V.)
■T Pourquoi tant répéter qu’elle veut la tête de César, le vengeur deson mari! que dirait-elle de plus s’il en était l'assassin! Pompée lui-même eût-il demandé la tête de César! est-ce ainsi qu’on doit traiterle plus généreux des vainqueurs! Ce sentiment eût été lâche dansPompée : pourquoi serait-il beau dans Cornélie! (V.)
4 Encore des souhaits pour la mort de César! qu’un sentiment con-traire serait plus noble! (V.) — Quoi! Voltaire voudroit-il donc queCornélie devînt l’amie de César! ne lui a-t-elle pas payé tout ce qu’ellepeut lui devoir d’estime par ce vers admirable :
O ciel! que de vertus vous me faites haïr ! (P.)
5 Ce vers est trop prosaïque. (V.)
6 Vers trop didactique , et tous ces discours sont, de plus, trè*inutiles. (Y.)