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ACTE V, SCÈNE III.
Et rend aux criminels ce qu’ils ont mérité.
CLEOPATRE.
Comme dé la justice, il a de la bonté.
CORNÉLIE.
Oui ; mais il fait juger, à voir comme il commence,Que sa justice agit, et non pas sa clémence.
CLEOPATRE.
Souvent de la justice il passe à la douceur.
CORNÉLIE.
Reine, je parle en veuve, et vous parlez en sœur.Chacune a son sujet d'aigreur ou de tendresseQui dans le sort du roi justement l’intéresse.Apprenons par le sang qu’on aura répanduA quels souhaits le ciel a le mieux répondu.
Voici votre Achorée.
SCÈNE III.
CORNÉLIE, CLÉOPÂTRE, ACHORÉE, PHILIPPE,CHARMION.
CLÉOPÂTRE.
Hélas! sur son visage
Rien ne s’offre à mes yeux que de mauvais présage.
Ne nous déguisez rien, parlez sans me flatter :
Qu’ai-je à craindre, Achorée ? ou qu’ai-je à regretter?
ACHORÉE.
Aussitôt que César eut su la perfidie 1 2 ...
CLEOPATRE.
Ce ne sont pas ses soins que je veux qu’on me die 3 4 ;
Je sais qu’il lit trancher et clore ce conduit '•
1 Ce vers est trop du style de la comédie. (V.)
2 II faut, a su la perfidie. (Y.)
3 Die était en usage : mais on ne dit pas des soins; cela n’est pasfrançais. (Y.)
4 II faut, qu'il a fait trancher, parceque la chose s’est passée au-jourd’hui. Si Ptolomée avait pu intéresser, ce qui était presque im-possible, le récit de sa mort pourrait émouvoir ; mais ce récit est aussifroid que son rôle. La pièce d'ailleurs est finie quand Ptolomée est