ÜÜ2
POMPEE.
Par où ce grand secours devoit être introduit;
Qu’il manda tous les siens pour s’assurer la placeOù Photin a reçu le prix de son audace;
Que d’un si prompt supplice Achillas étonnéS’est aisément saisi du port abandonné ;
Que le roi l’a suivi; qu’Antoine a mis à terreCe qui dans ses vaisseaux restoit de gens de guerre;
Que César l’a rejoint; et je ne doute pasQu’il n’ait su vaincre encore, et punir Achillas.
ACHOBEE.
Oui, madame, on a vu son bonheur ordinaire...
CLÉOPÂTRE.
Dites-moi seulement s’il a sauvé mon frère,
S’il m’a tenu promesse.
ACHORÉE.
Oui, de tout son pouvoir.CLÉOPÂTRE.
C’est là l’unique point que je voulois savoir.
Madame, vous voyez, les dieux m’ont écoutée.
CORNEL1E.
lis n’ont que dilïéré la peine méritée.
CLEOPATRE.
Vous la vouliez sur l’heure, ils l’en ont garanti.
ACHORÉE.
11 faudrait qu’à nos vœux il eût mieux consenti.
CLÉOPÂTRE.
Que disiez-vous naguère? et que viens-je d’entendre?Accordez ces discours que j’ai peine à comprendre.
ACHORÉE.
Aucuns ordres ni soins n’ont pu le secourir;
Malgré César et nous il a voulu périr :
Mais il est mort, madame, avec toutes les marquesQue puissent laisser d’eux les plus dignes monarques:
Sa vertu rappelée a soutenu son rang,
Et sa perte aux Romains a coûté bien du sang.
Il combatloit Antoine avec tant de courage,
mort : tout le reste n’est qu’une superstructure inutile à l'édifice»Toute la petite dispute entre Cornélie et Cléopâtre est tr<-s froide, parcette raison-là meme que Ptolomée n’intéresse point du tout. (V.)