ACTE V, SCÈNE IV. 305
Qu’il emportait déjà sur lui quelque avantage ;
Mais l’abord de César a cliangc le destin ;
Aussitôt Achillas suit le sort de Pliolin :
Il meurt, mais d’une mort trop belle pour un traître,
Les armes à la main, en défendant son maître.
Le vainqueur crie en vain qu’on épargne le roi;
Ces mots au lieu d’espoir lui donnent de l’effroi;
Son esprit alarmé les croit un artificePour réserver sa tête à l’atlront d’un supplice.
Il pousse dans nos rangs, il les perce, et fait voirCe que peut la vertu qu’arme le désespoir;
Et son cœur, emporté par l’erreur qui l’abuse,
Cherche partout la mort, que chacun lui refuse.
Enfin perdant haleine après ces grands efforts,
Près d’être environné, ses meilleurs soldats morts,
II voit quelques fuyards sauter dans une barque;
Il s’y jette, et les siens, qui suivent leur monarque,
D’un si grand nombre en foule accablent ce vaisseau,
Que la mer l’engloutit avec tout son fardeau.
C’est ainsi que sa mort lui rend toute sa gloire,
A vous tonte l’Égypte, à César la victoire.
II vous proclame reine ; et, bien qu’aucun RomainDu sang que vous pleurez n’ait vu rougir sa main,
Il nous fait voir à tous un déplaisir extrême,
Il soupire, il gémit. Mais le voici lui-même,
Qui pourra mieux que moi vous montrer la douleurQue lui donne du roi l’invincible malheur.
SCÈNE IY.
CÉSAR, CORNÉLIE, CLÉOPÂTRE, ANTOINE, LÉPIDE,ACIIORÉE, CHARMION-, PHILIPPE.
CORNÉLIE.
César, liens-moi parole, et me rends mes galères 1 .
Achillas et Pholin ont reçu leurs salaires ;
l ïl est évident que Cornélie, qui redemande ses galères, est absolu-ment inutile. La pièce est finie, et ces galères ne sont point le sujet dela tragédie. (Y.)