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POMPÉE.
Et que te triste objet porte en leur souvenirLes soins de le venger, et ceux de te punir.
Tu veux à ce héros rendre un devoir suprême;
L’honneur que tu lui rends rejaillit sur toi-même :
Tu m’en veux pour témoin ; j’obéis au vainqueur :
Mais ne présume pas toucher par là mon cœur *.
La perte que j’ai faite est trop irréparable;
La source de ma haine est trop inépuisable :
A l’égal de mes jours je la ferai durer;
Je veux vivre avec elle, avec elle expirer.
Je t’avouerai pourtant, comme vraiment Romaine»,
Que pour toi mon estime est égale à ma haine;
Que l’une et l’autre est juste, et montre le pouvoir,
L’une de la vertu, l’autre de mon devoir;
Que l’une est généreuse, et l’autre intéressée,
Et que dans mon esprit l’une et l’autre est forcée 3 :
Tu vois que ta vertu, qu’en vain on veut trahir,
Me force de priser ce que je dois haïr :
Juge ainsi de la haine où mon devoir me lie 4 ,
La veuve de Pompée y force Cornélie.
gui donne des règles h des aigles t Que ce vers affaiblit le précédent,qui est admirable ! De plus, Faut-il que Cornélie parle toujours à Césarde sa haine pour luit II serait bien plias beau, à mon gré, de lui direqu’elle sera toujours son ennemie sans pouvoir haïr un si grand homme.(V.) — Ce n’est point aux aigles qu’elle prétend donner des règles ,puisqu’elle veut y substituer des limes; c’est aux soldats à qui elleportera de rang en rang la cendre de Pompée, et qu’elle appelle le dé-bris de Pharsale. Le mot règles , qui est réellement impropre, deraan -doit à être remplacé par celui des lois :
Je veux que de ma haine ils reçoivent des lois;
mais ici Corneille sacrifia l’exactitude à la rime ; ce qu’il faut toujourséviter. (P.)
t Cela serait bon si César avait tâché de l’engager à suivre son parti ;mais il n’y a jamais pensé; il n’a pas dit à Cornélie un seul mot quipût lui donner cette présomption, i V. 1
2 Elle a déjà dit plusieurs fois qu’elle est Romaine, et cette affecta-tion diminue beaucoup de la vraie grandeur. (V.)
3 Tontes ces antithèses et cette petite dissertation dégradent la no-blesse de ce rôle, et les répétitions continuelles affaiblissent le senti-ment. (V.)
4 Un devoir qui la lie à la haine ! et toujours la haine ! ( V.)