ACTE I, SCÈNE IV.
CLARICE.
Nous en saurons, monsieur, quelque jour davantage.Adieu.
DORANTE.
Quoi! me priver sitôt de tout mon bien?
CLARICE.
Nous n’avons pas loisir d’un plus long entretien;
Et malgré la douceur de me voir cajolée,
Il faut que nous fassions seules deux tours d’allée.
DORANTE.
Cependant accordez à mes vœux innocentsLa licence d’aimer des charmes si puissants.
CLARICE.
Un cœur qui veut aimer, et qui sait comme on aime,N’en demande jamais licence qu’à soi-même.
SCÈNE IV
DORANTE, CLITON.
DORANTE.
Suis-les, Cliton.
CLITON.
J’en sais ce qu’on en peut savoir.La langue du cocher a fait tout son devoir.
« La plus belle des deux, dit-il, est ma maîtresse ;« Elle loge à la place, et son nom est Lucrèce. »
DORANTE.
Quelle place ?
CLITON.
Royale; et l’autre y loge aussi.
Il n’en sait pas le nom, mais j’en prendrai souci.
DORANTE.
Ne te mets point, Cliton, en peine de l’apprendre,Celle qui m’a parlé, celle qui m’a su prendre,C’est Lucrèce, ce Test sans aucun contredit ;
Sa beauté m’en assure, et mon cœur me le dit.
CLITON.
Quoique mon sentiment doive respect au vôtre,