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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE I, SCÈNE VI.

Et tel, à la faveur dun semblable débit,

Passe pour homme illustre, et se met en crédit.

CLITON.

A qui vous veut ouïr, vous en faites bien croire;

Mais celle-ci bientôt peut savoir votre histoire.

DOUANTE.

Jaurai déjà gagné chez 'elle quelque accès;

Et, loin den redouter un malheureux succès,

Si jamais un fâcheux nous nuit par sa présence,

Nous pourrons sous ces mots être dintelligence*.Voilà traiter lamour, Cliton, et comme il faut.

CI.ITON.

A vous dire le vrai, je tombe de bien haut.

Mais parlons du festin : Urgande et MélusineNont jamais sur-le-champ mieux fourni leur cuisine;Vous allez au delà de leurs enchantements :

Vous seriez un grand maître à faire des romans ;Ayant si bien en main le festin et la guerre 2 ,

Vos gens en moins de rien courroient toute la terre,Et ce seroil pour vous des travaux fort légers,

Que dy mêler partout la pompe et les dangers.

Ces hautes fictions vous sont bien naturelles.

DORANTE.

Jaime à braver ainsi les conteurs de nouvelles;

Et sitôt que jen vois quelquun simaginer

Que ce quil veut mapprendre a de quoi métonner,

Je le sers aussitôt dun conte imaginaire

Qui létonne lui-même, et le force à se taire.

Si lu pouvois savoir quel plaisir on a lorsDe leur faire rentrer leurs nouvelles au corps...

CLITON.

Je le juge assez grand; mais enfin ces pratiques

la poésie ; pour peu quon sen écarte, les vers rebutent, et cest enpartie pourquoi nous avons tant de mauvais poetes. (V.)

t On nentend pas bien ce que lauteur veut dire. Comment Dorantesera-t-il dintelligence avec sa maîtresse sous les mots de contrescarpeet de fossé ? (T.)

2 Le festin en main ; mauvaise expression de ce temps-. (Y.)