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ACTE II, SCÈNE V.
Ma vieille aruitié cède à ma nouvellle haine;
Sa vue accroît l’ardeur dont je me sens brûler :
Mais ce n’est pas ici qu’il faut le quereller ».
SCÈNE V.
GÉRONTE, DORANTE, CLITON.
GÉRONTE.
Dorante, arrêtons-nous; le trop de promenadeMe mettroit hors d’haleine, et me feroit malade 2.
Que l’ordre est rave et beau de ces grands bâtiments î
DORANTE.
Paris semble à mes yeux un pays de romans.
J’y croyois ce matin voir une île enchantée :
Je la laissai déserte, et la trouve habitée;
Quelque Amphion nouveau, sans l’aide des maçons,
En superbes palais a changé ses buissons.
GÉRONTE.
Paris voit tous les jours de ces métamorphoses :
Dans tout le Pré-aux-Clercs tu verras mêmes choses;
Et l’univers entier ne peut rien voir d’égalAux superbes dehors du palais Cardinal 3 .
milieu d’un jardin, puisque Clarice le prie de parler plus bas, de crainteque son père ne l’entende. Il faut donc conclure que le lieu de la scènechange souvent dans cette comédie, et qu’en cet endroit Alcippe, quiest chez Clarice, ne peut pas voir entrer Dorante, qui est dans la rue-.Remarquez aussi que les scènes iv et v ne sont point liées, et que lethéâtre reste vide : seulement Alcippe annonce que Dorante paraît ; maisil l’annonce mal à propos, puisqu'il ne peut le voir. (Y.)
î Quereller signifie aujourd’hui reprendre* faire des reproches, répri-mander; il signifiait alors insulter , défier , et même se battre. Dans nosprovinces méridionales, les tribunaux se servent du mot quereller pouraccuser un homme, attaquer un testament, une convention : c’est unabus des mots; le langage du barreau est partout barbare. (Y.)
2 II semble par ces vers que Géronte et Dorante soient dans les Tui-leries. Comment Alcippe a-t- il pu les voir de la maison de Clarice à laplace Royale! (Y.)
3 Aujourd'hui le palais Royal. Ce quartier, qui est à présent un desplus peuplés de Paris, n’était que des prairies entourées de fossés lors-que le cardinal de Richelieu y fit bâtir son palais. Quoique les embel-