"■i LE MENTEUR.
Toute une ville entière, avec pompe bâtie,
Semble d’un vieux fossé par miracle sortie,
Et nous fait présumer, à ses superbes toits,
Que tous ses habitants sont des dieux ou des raisMais changeons de discours. Tu sais combien je t’aime?
DORANTE.
Je chéris eet honneur bien plus que le jour même.
GÉRONTF,.
Comme de mon hymen il n’est sorti que toi,
Et que je te vois prendre un périlleux emploi,
Ou l’ardeur pour la gloire à tout oser convie,
Et force à tout moment de négliger la vie,
Avant qu’aucun malheur te puisse être avenu,
Pour te faire marcher un peu plus retenu,
Je te veux marier.
DORANTE, à part.
O ma chère Lucrèce!
GÉRONTE.
Je t’ai voulu choisir moi-même une maîtresse,
Honnête, belle, riche.
DORANTE.
Ah ! pour la bien choisir,
Mon père, donnez-vous un peu plus de loisir.
GÉRONTE.
Je la commis assez. Clarice est belle et sageAutant que dans Paris il en soit de son âge;
Son père de tout temps est mon plus grand ami,
Et l’affaire est conclue.
DORANTE.
Ah ! monsieur, j’en frémi ;
D’un fardeau si pesant accabler ma jeunesse !
lissements de Paris n’aient commencé à se multiplier que vers le milieudu siècle de Louis XIV, cependant la simple architecture du palaisCardinal ne devait pas paraître si superbe aux Parisiens, qui avaientdéjà le Louvre et le Luxembourg. Il n’est pas surprenant que Corneille,dans ses vers, cherchât à louer indirectement le cardinal de Richelieu,qui protégea beaucoup cette pièce, et même donna des habits à quel-ques acteurs. Il était mourant alors, en 1642, et il cherchait à se dis-siper par ces amusements. (V.)
1 Des dieux ! cela est un peu fort. (V.)