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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE TROISIÈME.

SCÈNE I.

DOUANTE, ALCIPPE, PHILISTE.

PHILISTE.

Oui, vous faisiez tous deux eu hommes de courage,Et naviez lun ni lautre aucun désavantage.

Je rends grâces au ciel de ce quil a permisQue je sois 1 survenu pour vous refaire amis,

Et que, la chose égale, ainsi je vous sépare :

Mon heur en est extrême, et laventure rare.

DORANTE.

Laventure est encor bien plus rare pour moi,

Qui lui faisois raison sans avoir su de quoi.

Mais, Alcippe, à présent tirez-moi hors de peine.Quel sujet aviez-vous de colère ou de haine ?Quelque mauvais rapport mauroit-il pu noircir?Dites, que devant lui je vous puisse éclaircir.

ALCIPPE.

Vous le savez assez.

DORANTE.

Plus je me considère,

Moins je découvre en moi ce qui vous peut déplaire.

ALCIPPE.

Eh bien ! puisquil vous faut parler plus clairement,Depuis plus de deux ans jaime secrètement ;

.Mon affaire est daccord 2 , et la chose vaut faite;

I Voltaire a fait imprimer que je suis survenu , et a pris de occa-sion de rappeler la règle du que entre deux verbes, qui veut le secondau subjonctif toutes les fois quon nassure pas positivement quelquechose. Cette leçon nexiste dans aucune des éditions publiées du vivantde Corneille, que nous avons sous les yeux.

J Les hommes sont d'accord ; les affaires sont accordées , terminées ,accommodées, finies. (V.)