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LE MENTEUR.
Cette collation, qui l’aura pu donner?
A qui puis-je m’en prendre? et que m’imaginer?
PHILISTE.
Que l’ardeur de Clarice est égale à vos flammes '.
Cette galanterie étoi't pour d’autres dames.
L’erreur de votre page a causé votre ennui ;
S’étant trompé lui-même, il vous trompe après lui.
J’ai tout su de lui-même et d'es gens de Lucrèce.
Il avoit vu chez elle entrer votre maîtresse ;
Mais il n’avoit pas su qu’Hippolyte et Daphné,
Ce jour-là, par hasard, chez elle avoient dtné.
11 les en voit sortir, mais à eoill'e abattue,
Et sans les approcher il suit de rue en rue;
Aux couleurs, au carrosse, il ne doute de rien ;
Tout étoit à Lucrèce, et le dupe si bien,
Que, prenant ces beautés pour Lucrèce et Clarice,
Il rend à votre amour un très mauvais service.
Il les voit donc aller jusques au bord de l’eau,
Descendre de carrosse, entrer dans un bateau ;
Il voit porter des plats, entend quelque musique,
A ce que l’on m’a dit, assez mélancolique.
Mais cessez d’en avoir l’esprit inquiété,
Car enfin le carrosse avoit été prêté;
L’avis se trouve faux, et ces deux autres bellesAvoient en plein repos passé la nuit chez elles.
ALCIPPE.
Quel malheur est le mien! Ainsi donc sams sujetJ’ai fait ce grand vacarme à ce charmant objet!
PHILISTE.
Je ferai votre paix. Mais sachez autre chose.
Celui qui de ce trouble est la seconde cause,
Dorante, qui tantôt nous en a tant contéDe son festin superbe et sur l’heure apprêté,
Lui qui depuis un mois nous cachant sa venue,
La nuit, incognito , visite une inconnue,
Il vint hier de Poitiers, et, sans Lire aucun bruit,
1 Ce mot au pluriel était alors en usage; et, en effet, pourquoi nepas dire à vos flammes, aussi bien qu’à, vos feux, à vos amours ? ( V.V