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LE MENTEUR.
GERONTE.
C'est uu abus commun qu’autorise l’usage,
Et j’en usois ainsi du temps de mon jeune âge.Adieu : je vais écrire.
SCÈNE V.
DORANTE, CLITON.
DORANTE.
Enfin j’en suis sorti.
CLITON.
Il faut bonne mémoire après qu’on a menti.
DORANTE.
L’esprit a secouru le défaut de mémoire.
CLITON.
Mais on éclaircira bientôt toute l’histoire.
Après ce mauvais pas où vous avez bronché,
Le reste encor longtemps ne peut être caché :
On le sait chez Lucrèce, et chez cette Clarice,
Qui, d’un mépris si grand piquée avec justice,
Dans son ressentiment prendra l’occasionDe vous couvrir de honte et de confusion.
DORANTE.
Ta crainte est bien fondée, et puisque le temps presse,
Il faut tâcher en hâte à m’engager Lucrèce.
Voici tout à propos ce que j’ai souhaité.
i Qu’il me soit permis de dire en passant que , dans les quatrescènes précédentes, la résurrection d’Alcippe, le nouvel embarras deDorante avec Géronte, la noble confiance de ce dernier, forment lessituations les plus heureuses et les plus comiques. On ne voit point detels exemples chez les Grecs ni chez les Latins : aussi l’auteur italienn’a-t-il pas manqué de traduire toutes ces scènes. (V.)