Buch 
Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
Entstehung
JPEG-Download
 

ACTE IV, SCÈNE VI.

G!)

SCÈNE VI

DORANTE, CLITON, SABINE.

DORANTE.

Chère amie, hier au soir j’étois si transporté,Qu’en ce ravissement je ne pus me permettreDe bien penser à toi quand j’eus lu cette lettre :Mais tu n’y perdras rien, et voici pour le port.

SABINE.

Ne croyez pas, monsieur...

DORANTE.

Tiens.

SABINE.

Vous me faites tort.

Je ne suis pas de...

DORANTE.

Prends.

SABINE.

Hé, monsieur!

DORANTE.

Prends, te dis-je :

Je ne suis point ingrat alors que l’on m’oblige;

Dépêche, tends la main.

CLITON.

Qu’elle y fait de façons !

Je lui veux par pitié donner quelques leçons.

Chère amie, entre nous, toutes tes révérencesEn ces occasions ne sont, qu’impertinences;

Si ce n’est assez d’une, ouvre toutes les deux :

I.e métier que tu fais ne veut point de honteux.

Sans se piquer d'honneur, crois qu’il n’est que de prendre,Et que tenir vaut mieux mille fois que d’attendre.

Cette pluie est fort douce; et, quand j’en vois pleuvoir,J'ouvrirois jusqu'au cœur pour la mieux recevoir.

1 Toutes les fois qu’un acteur entre ou sort du théâtre, l’art exigeque le spectateur soit instruit des motifs qui l’y déterminent : on nevoit pas trop ici quelle raison ramène Sabine. (V.)