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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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LE MENTEUR.

On prend à toutes mains dans le siècle où nous sommes,Et refuser n’est plus le vice des grands hommes 1 .Retiens bien ma doctrine; et, pour faire amitié,

Si tu veux, avec toi je serai de moitié.

SABINE.

Cet article est de trop.

DORANTE.

Vois-tu, je me propose

De faire avec le temps pour toi toute autre chose.

Mais comme j’ai reçu cette lettre de toi,

En voudrois-tu donner la réponse pour moi ?

SABINE.

Je la donnerai bien; mais je n’ose vous direQue ma maîtresse daigne ou la prendre ou la lire :

J’y ferai mon effort.

CLITON.

Voyez, elle se rend

Plus douce qu’une épouse, et plus souple qu’un gant.

DORANTE.

(bas à Cliton.) (haut à Sabine.)

Le secret a joué. Présente-la, n’importe;

Elle n’a pas pour moi d’aversion si forte.

Je reviens dans une heure en apprendre l’effet.

SABINE.

Je vous conterai lors tout ce que j’aurai fait 2 .

SCENE VIL

CLITON, SABINE.

CLITON.

Tu vois que les effets préviennent les paroles;

1 Que veut dire le vice des grands hommes , quand il s’agit d’unefemme de chambre! (V.)

2 Ces scènes, qui ne consistent qu’à donner de l’argent à des sui-vantes qui font des façons et qui acceptent, sont devenues aussi insi-pides que fréquentes; mais alors la nouveauté empêchait qu’on n’ensentît toute la froideur. (V.)