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ACTE CINQUIEME .
SCÈNE I.
GÉRONTE, PHILISTE.
GÉRONTE.
Je ne pouvois avoir rencontre plus heureusePour satisfaire ici mon humeur curieuse.
Vous avez feuilleté le Digeste à Poitiers,
Et vu, comme mon fils, les gens de ces quartiers :
Ainsi vous me pouvez facilement apprendreQuelle est et la famille et le bien de Pyrandre.
PHILISTE.
Quel est-il , ce Pyrandre ?
GÉRONTE.
Un de leurs citoyens.:
Noble, à ce qu’on m’a dit, mais un peu mal en biens.
PHILISTE.
Il n’est dans tout Poitiers bourgeois ni gentilhommeQui, si je m’en souviens, de la sorte se nomme.
GÉRONTE.
Vous le connoîtrez mieux peut-être à l’autre nom ;
Ce Pyrandre s’appelle autrement Armédon.
PHILISTE.
Aussi peu l’un que l’autre.
GÉRONTE.
Et le père d’Orphise,
Cette rare beauté qu’en ces lieux même on prise ?
1 Dans la première édition du Menteur, Corneille introduisoit iciun personnage nommé Argante, qui tenoit à Géronte à peu près lemême langage que Philiste ; mais, pour prévenir les critiques qu’exci-teroit l’apparition d’un nouveau personnage à la fin de sa pièce, il lesupprima, et refit la scène telle que nous la donnons ci-dessus. Parune bizarrerie inconcevable, Voltaire n’a tenu aucun compte à Cor-neille de cette importante correction.