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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE V, SCÈNE I.

Vous eonnoissez le nom de cet objet charmantQui fait de ces cantons le plus digne ornement?

PHILISTE.

Croyez que cette Orphise, Armédon et PyrandreSont gens dont à Poitiers on ne peut rien apprendre.S’il vous faut sur ce point encor quelque garant...

GER0NTE.

En faveur de mon fils vous faites l’ignorant;

Mais je ne sais que trop qu’il aime cette Orphise,

Et qu’après les douceurs d’une longue hantise,

On l’a seul dans sa chambre avec elle trouvé ;

Que par son pistolet un désordre arrivéE’a forcé sur-le-champ d’épouser cette belle.

Je sais tout ; et, de plus, ma bonté paternelleM’a fait y consentir; et votre esprit discretN’a plus d’occasion de m’en faire un secret.

PHILISTE.

Quoi ! Dorante a donc fait un secret mariage?

GÉRONTE.

' Et, comme je suis bon, je pardonne à son âge.

PHILISTE

Qui vous l’a dit ?

GERONTE.

Lui-même.

PHILISTE.

Ah! puisqu’il vous l’a dit,11 vous fera du reste un fidèle récit ;

Il en sait mieux que moi toutes les circonstances :

Non qu’il vous faille en prendre aucunes défiances;Mais il a le talent de bien imaginer,

Et moi je n’eus jamais celui de deviner.

GÉROXTE.

Vous me feriez par là soupçonner sou histoire.

PHILISTE.

Non, sa parole est sûre, et vous pouvez l r en croire :

Mais il nous servit hier d’une collation

Qui partoit d’un esprit de grande invention;

Et, si ce mariage est de même méthode,

La pièce est fort complète et des plus à la mode.